Classique
L’orchestre de l’Opéra national de Paris sous la direction de Gustavo Dudamel à la Philharmonie

L’orchestre de l’Opéra national de Paris sous la direction de Gustavo Dudamel à la Philharmonie

10 novembre 2021 | PAR Jean-Marie Chamouard

Le 8 novembre à 20h30 l’orchestre de l’Opéra national de Paris s’invite à la Philharmonie de Paris. Sous la direction de son nouveau chef, Gustavo Dudamel, il interprètl’Alborada del Gracioso de Maurice Ravel, la symphonie n°31 de Wolfgang Amadeus Mozart et la Symphonie Fantastique d’Hector Berlioz. L’orchestre et son chef joueront le même programme à la Halle aux grains à Toulouse le 19 Novembre et à Barcelone le 21 Novembre 2021.

1830 fut une année de bouleversements : la révolution de Juillet, la chute de Charles X, la bataille d’Hernani et… la symphonie Fantastique d’Hector Berlioz. Le compositeur âgé de 27 ans, encore au conservatoire, va faire rentrer de manière fracassante la musique française dans le romantisme. Trois ans seulement après la mort de Beethoven, Hector Berlioz va révolutionner l’art de la symphonie. Le chef Vénézuélien, Gustavo Dudamel est depuis le 1 Aout 2021 le directeur musical de l’orchestre de l’Opéra National de Paris. Pour sa première tournée il a choisi ce monument de la musique française.

L’Alborada del Gracioso : un personnage comique du théâtre espagnol

Le concert débute par l’Alborada del gracioso, l’aubade du bouffon, de Maurice Ravel. L’œuvre a été composée pour piano seul en 1905. La version pour orchestre, écrite par le compositeur lui-même, a été crée par l’orchestre Pasdeloup à Paris en 1919. Un homme d’âge mur chante, à l’aube, sous les fenêtres d’une jeune fille qui va le repousser. Les cordes pincées des violons simulant la guitare, les castagnettes, le rythme évoquent l’Espagne que Ravel affectionnait beaucoup. La danse de l’orchestre est interrompue par le chant du cor, plaintif et sensuel, le bouffon parait triste puis la danse reprend. La musique est malicieuse, moqueuse, l’interprétation de Gustavo Dudamel chaleureuse, haute en couleurs.

Une symphonie de Mozart très parisienne

La 31ème symphonie a été composée et crée par Mozart en 1778 pour le Concert Spirituel, lors de son troisième séjour à Paris. De puissants accords, une brusque accélération, le premier mouvement débute de manière spectaculaire. La musique est joyeuse, pleine de contrastes. L’andante pourrait être une ballade amoureuse, mélodieuse, toute en délicatesse, mise en valeur par la sensibilité de Gustavo Dudamel. Le troisième mouvement est éclatant, rapide, brillant nécessitant une grande virtuosité pour l’orchestre.

La symphonie fantastique : « un épisode de la vie d’un artiste »

Il pourrait s’agir d’un poème symphonique, l’œuvre est une narration, elle raconte les tourments, très romantiques, du jeune compositeur qui s’est épris d’Harriet, une actrice irlandaise. Harriet est son obsession qui se traduit par « l’Idée fixe », un thème récurrent, très romantique, joué le plus souvent par la clarinette. « Rêveries- passions » le premier mouvement débute par la douce plainte des cordes puis devient passionné. La musique suit le flot croissant et décroissant des émotions et le premier mouvement se termine dans un emballement amoureux. Lors du 2ème mouvement, le bal semble d’abord lointain, avec le murmure des cordes et les arpèges de la harpe puis la valse nous charme, une mélodie heureuse, lumineuse à peine interrompue par « l’idée fixe », comme une brève réminiscence. Le 3ème mouvement, « Scène aux champs » commence par un duo, très émouvant, très pur entre le cor et le hautbois. L’orchestre développe un thème apaisant romantique mais bientôt la musique se fait plus pressante, plus menaçante jusqu’au retour de « l’idée fixe » et aux coups de tonnerre finaux. La marche au supplice concerne l’artiste qui aurait tué l’aimée. Après un début lugubre (cordes pincées et cuivres) deux thèmes s’entremêlent, le thème descendant, porté souvent par le violoncelle, qui est la marche vers la mort et celui triomphant, glorieux du bourreau. Le retour de « l’idée fixe » est immédiatement suivi du couperet de la guillotine. Lors du 5ème mouvement « Songe d’une nuit de sabbat » la musique devient fantastique, exprimant les hallucinations du compositeur. La danse des sorcières et des monstres, joyeuse et grimaçante alterne avec le Dies Irae aux accords pesants. La symphonie se termine par une danse macabre, frénétique. Une performance orchestrale puissante, époustouflante.

La musique française était à l’honneur ce soir pour un concert symphonique spectaculaire. L’interprétation de l’orchestre de l’Opéra national de Paris et de son chef était sensible, expressive, flamboyante et sous sa baguette la « Symphonie Fantastique » était vraiment fantastique.
visuel (c) Laetitia Larralde

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