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[Live-Report] Tim Mead et Les Accents, divins dans le Stabat Mater de Vivaldi à la Sainte-Chapelle

[Live-Report] Tim Mead et Les Accents, divins dans le Stabat Mater de Vivaldi à la Sainte-Chapelle

30 juin 2017 | PAR Yaël Hirsch

Le concert de clôture du Festival de Paris avait lieu sous les reflets des 1113 vitraux du joyaux gothique de la Capitale : La Sainte-Chapelle. Dirigés par le violoniste Thibault Noally, les Accents ont dialogué avec la voix du conter-ténor anglais Tim Mead sur un programme harmonieux et spirituel : le Stabat Mater et le Nisi Dominus de Vivaldi. Un moment de grâce dans un cadre exceptionnel.
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Roux, flamboyant, élégant, le contre-ténor britannique Tim Mead que l’on attend enfin à l’Opéra de Paris dans Jephta de Haendel en janvier 2018 est une étoile montante. Accompagné par Les Accents, l’orchestre fondé par le premier violon des Musiciens de Louvre, Thibault Noally et qui se dédie au baroque allemand et italien, il nous a éblouis dès les premières notes du Stabat Mater. Mis en musique par les plus grands, de Pergolèse à Pärt, ce poème de deuil en latin met en scène la douleur de la Vierge qui se tient debout face au corps de son fils assassiné. Porté par une seule voix et des instruments à vents (contrairement à celui de Pergolèse, où deux voix se répondent voir ce dssous avec Tim Mead) le Stabat Mater de Vivaldi est  un des plus poignants.

Après un premier tableau vif qui se termine par un dialogue entre le premier violon (Noally qui dirige depuis sont instrument) et le timbre doré de Mead, le rythme se ralentit pour devenir terriblement lancinant dans le « Cujus animam gementem ». Virtuose, modulant avec brio dans le « Qui est homo », Tim Mead nous entraîne sur les routes croyantes de la douleur et du deuil avec une élégance époustouflante. A la fois vif et grave dans le « Eja mater » il nous tire vraiment vers les cimes de la grâce dans le « amen ».

Après une pause très courte, on entre dans le Nisi Dominus ou Psaume 127, qui est un chant de piété. Le rythme évolue et nous entraîne, vif et ardant dans le « Nisi Dominus » inaugural, puis, à temps, comme dans le « Cum dederit » très lent et dramatique. Le solo de violon à la fin du « Gloria Patris » est à couper le souffle. Et c’est debout que le public du Festival de Paris acclame ce concert habité, à la tension et la beauté exceptionnelles.

Il fait encore jour lorsqu’on descend les marches qui nous mènent vers le marché au fleur, la Seine et toute la beauté de Paris.


visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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