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[Live report] Récital Sumi Jo au Théâtre du Châtelet

[Live report] Récital Sumi Jo au Théâtre du Châtelet

27 juin 2013 | PAR Yaël Hirsch

 

 

 

Alors que la diva coréenne vient de fêter ses 50 ans et a enflammé le théâtre du Châtelet en Madama Mao dans Nixon in China de John Adams, la diva a balayé 5 siècles et trois continents de musique, ce mercredi 26 juin avec une technique et une élégance qui ont ravi son public.

Avec derrière elle plus de 25 ans de carrière à interpréter les plus grands rôles du répertoire lyrique, Sumi Jo a prêté sa voix colorature à un programme très éclectique hier, au théâtre du Châtelet. Apparaissant au bras de son pianiste, l’excellent Jeff Cohen, dans une véritable robe de sirène grise et blanche, traîne, strass et voiles compris, elle a commencé dans un répertoire baroque, commençant là où il faut commencer : par du Bach. S’en sont suivis un magnifique « Music for a While » de Purcell, des trilles hanedeliennes et le fameux lamento « Sposa son disprezzata » de Vivaldi.

Parlant peu et en français pour nous signifier qu’elle avait un peu chaud, la soprano était entièrement concentrée sur sa performance qui s’est poursuivie par la magie d’un saut dans le temps dans un répertoire français (Gabriel Faure, Reynaldo Hahn et Claude Debussy) nous montrant qu’elle maîtrise les prononciations aussi bien que les notes. Avant l’entracte, son interprétation d’une valse particulièrement virtuose de Henrich Poch a fini d’emporter la salle qui trépignait en attendant le retour de la chanteuse.

C’est dans une tenue tout aussi pailletée, avec un dos nu à faire pâlir les plus effrontées des toutes jeunes mannequins, mais dans un fuchsia tout à fait de rigueur que Sumi Jo est passée à un répertoire espagnol (Turina, Obradors, Rodrigo) puis à une « Mélodie sentimentale » de Villa Lobos. Après une séquence Mahler printanière et scrupuleusement exécutée dans la perfection, Sumi Jo s’est attaquée avec succès à la magnifique « Vocalise » de Rachmaninov, avant de finir le récital sur une vrai aria bel canto de Luigi Arditi.

Ovationnée et rayonnante, Sumi Jo et son preux Jeff Cohen ont été très généreux en bis, voguant à nouveau d’une berceuse allemande à une comédie musicale de Bordway, la soprano coréenne est restée éclectique et imprévisible jusqu’au bout, même quand elle a entonné le sublime « O mio Babbino Caro » de Puccini.

Une très belle soirée de très grande musique, où le Châtelet a acclamé l’immense cantatrice, actuellement présente face à Cecilia Bartoli sur le nouvel enregistrement de « Norma », dirigé par Giovanni Antonini.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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