Classique
[Live Report] Ravel à l’honneur pour le dernier Boléro de « Michel »

[Live Report] Ravel à l’honneur pour le dernier Boléro de « Michel »

29 avril 2015 | PAR Elodie Martinez

Jeudi 16 et samedi 18 avril se tenaient deux soirées au programme très alléchant à l’Auditorium de Lyon : l’Orchestre national de Lyon était rejoint par le flûtiste Emmanuel Pahud, sous la direction d’Alain Altinoglu. Nous étions là samedi, date qui marquait l’ultime concert de Michel Visse, percussionniste de l’orchestre.

La première œuvre de cette soirée n’est pas des moindres : le fameux Apprenti sorcier de Paul Dukas popularisé par Mickey et son chapeau bleu dans Fantasia. Le contraste entre la douceur, la puissance véritablement fulgurante avant un retour au calme est ici saisissant et les quatre dernières notes résonnent comme une claque, ultime leçon du maître au jeune apprenti.

Arrive ensuite le flûtiste franco-suisse Emmanuel Pahud dont la virtuosité est à présent établie. C’est donc avec grand plaisir que le public le retrouvait pour le Concerto pour flûte et orchestre de Jacques Ibert. Le premier mouvement ne dément pas la réputation du musicien qui vit pleinement sa musique, bouge et tressaute sur scène. Le second mouvement marque un changement, non seulement dans le tempo mais aussi dans le jeu : ici l’orchestre accompagne bien plus la flûte, nous passons presque d’un duel à un duo pour clore sur la suspension d’une note finale qui impressionne par le souffle et la technique qu’elle requiert. Le troisième mouvement reprend un allegro dont la légèreté de certaines notes à peine soufflées ne peut que laisser admiratif.

Suit la Fantaisie brillante sur des airs de « Carmen », pour flûte et orchestre, Orchestration de Raymond Meylan. Ici, la fantaisie va parfois si loin que Carmen paraît disparaître, mais la Habanera fait comprendre tout ce que cette fantaisie a de « brillante » grâce à la flûte d’Emmanuel Pahud. Sans oublier son numéro de charme tourné tantôt vers la violoniste, tantôt vers le chef!

Avant l’entracte, l’artiste offre au public lyonnais une pièce d’un compositeur « du pays » : Pierre-Octave Ferroud, La flûte du double cinq. Autant dire que la salle aime à entendre la musique d’un gone de la ville et que le choix du flûtiste est bienheureux!

La deuxième partie de la soirée est entièrement consacrée à Ravel, en commençant par l’Alborada del gracioso pas vraiment marquant avant d’enchaîner avec une Rapsodie espagnole dont le travail du compositeur autour d’un thème répété prépare doucement à la dernière œuvre de la soirée tant attendue : le Boléro, ballet pour orchestre.

On sent l’impatience palpable dans la salle lorsque le vieux percussionniste prend place à la caisse claire au centre de l’orchestre, et personne n’ignore la difficulté de cette pièce pour celui qui tient ce rôle. Le chef parvient à contenir l’énergie des musiciens afin de respecter la graduation de la partition et à laisser les solistes s’exprimer. Même si l’on admet que la première partie ne soit pas la plus palpitante pour les cordes, dommage que certains donnent l’impression de s’ennuyer sur scène.

Une fois la dernière note jouée, on nous apprend que le percussionniste jouait là son dernier concert et son 172ème Boléro. Le public n’hésite alors pas à l’applaudir dans une atmosphère à l’émotion plus chargée. Impossible de ne pas jouer la dernière œuvre en bis, à partir du chiffre 16 de la partition, comme le musicien en avait apparemment eu l’habitude. La salle résonne au son des mains qui battent en rythme avant de se lever pour applaudir une dernière fois « Michel » dont le prénom est d’ailleurs clamer.

Une soirée très réussie donc, tant sur le plan musicale avec la direction dynamique d’Alain Altinoglu que sur le plan humain. A noter : la présence de différentes caméras… une diffusion prévue?

© Jean Radel

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Elodie Martinez
Après une Licence de Lettres Classiques et un Master en Lettres Modernes, Elodie découvre presque par hasard l'univers lyrique et a la chance d'intégrer en tant que figurante la production du Messie à l'Opéra de Lyon en décembre 2012. Elle débute également une thèse (qu'elle compte bien finir) sur Médée dans les arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis, en parallèle d'un stage dans l'édition à Paris, elle découvre l'univers de la rédaction web et intègre l'équipe de Toute la culture où elle participe principalement aux pages d'opéra, de musique classique et de théâtre. Elle a aussi chroniqué un petit nombre de livres et poursuit l'aventure une fois rentrée sur Lyon. Malheureusement, son parcours professionnel la force à se restreindre et à abandonner les pages de théâtre. Aujourd'hui, elle est chargée de projets junior pour un site concurrent axé sur l'opéra, mais elle reste attachée à Toute la culture et continue d'être en charge de l'agenda classique ainsi que de contribuer, à moindre échelle, à la rédaction des chroniques d'opéra.

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