Classique
[Live report] Orchestre de Paris, Concerto pour trois pianos de Mozart et écossaise de Mendelssohn

[Live report] Orchestre de Paris, Concerto pour trois pianos de Mozart et écossaise de Mendelssohn

13 avril 2014 | PAR Marie Charlotte Mallard

Cette semaine, l’Orchestre de Paris créait l’évènement en donnant pour deux soirées le Concerto n°7 pour trois pianos de Mozart en fa majeur, K.242, accompagnant ainsi les très demandés David Bismuth, Adam Laloum et Emmanuel Christien. En deuxième partie de soirée, la Symphonie n°3 « écossaise » de Mendelssohn. Un programme entre douceur, brillance, simplicité,  une soirée galante à souhait, charmante et légère en cette saison printannière.

[rating=4]

En prélude de ce concert, l’ouverture de Hans Heiling opéra fantastique issu d’une légende bohémienne de Heinrich Marschner, qui entre brillance classique et lyrisme romantique regroupait tous les caractères musicaux de cette soirée. D’emblée l’on est charmé par le chant feutré du cor en sourdine, la clarté de la clarinette. La direction est précautionneuse, un climat chatoyant est tranquillement installé, pour mieux être brutalisé par la suite.

Changement de plateau, alors qu’une partie de l’orchestre quitte la scène l’on installe les trois pianos derrière l’estrade du chef, dos au public. Le Concerto pour trois pianos de Mozart en fa majeur, K.242 est de ces œuvres de cour, de style purement galant, écrite à l’intention de la Comtesse Lodron et de ses deux filles. Œuvre sans prétention, de pure divertissement, tendre, sucrée, aérienne, brillante, elle ne présente aucune grande difficulté technique, si ce n’est une parfaite synchronisation des six mains. Le premier mouvement apparaît très solennel, et nous plonge profondément dans l’atmosphère royale. Après l’introduction de l’orchestre, les trois pianistes débutent d’un même élan et surtout d’un même timbre, d’un même touché. Ainsi, il nous est quasi impossible de distinguer qui joue quoi. Les six mains se confondent parfaitement, la mélodie coule d’un côté à l’autre de la scène, et bien qu’observant au plus haut point les musiciens, il nous semble néanmoins n’y avoir qu’un piano sur la scène. Une impression rendue possible par la grande écoute et l’attention particulière que les trois musiciens se portent. La mélodie est enfantine, simple, beaucoup de candeur en ressort, et chacun des pianistes semble traiter le clavier avec extrême précaution, fouler celui-ci avec douceur, légèreté et délicatesse. Leur synchronisation est parfaite, et la cadence achève de nous le confirmer. Le deuxième mouvement nous bercera calmement, amicalement, sereinement. Tout du long nous resterons frappés par ces notes cristallines et cette subtile harmonie. Au troisième mouvement, les ribambelles de notes s’enchaînent et s’envolent avec toujours autant de liberté. Une charmante et printanière interprétation qui nous emplit de quiétude. En bis le trio interprétera à 6 mains sur un seul piano une sérénade de Schubert.

Après l’entracte place à la Symphonie n°3 en la mineur dite « Ecossaise » op.56. Romantique à souhait, elle évoque telle une aquarelle de sons la découverte des terres et de la culture écossaise par le compositeur. Le jeune chef, Cornelius Meinster joue sur les effets de soufflets et d’ampleurs, et ménagera sans cesse les nombreux ritardando annonciateurs du retour du thème. Ainsi l’on imagine et se sent porté par les flux et reflux des flots ou des vents de la campagne écossaise. Peu à peu et subtilement le décor se pose et le thème qui reviendra ensuite tout au long de l’œuvre se déploie. Le chef porte une attention particulière au tempo pour mieux mettre en valeur les nombreuses relances du thème qu’il s’appliquera à toujours introduire de manière différente. S’il propose de la couleur, fait briller les bois et bourdonner les cordes nous évoquant de  grandes bourrasques de vent, il n’ose donner de la nuance et embarquer l’orchestre vers de plus grands forte. L’important pour lui est, tout comme le musicien, de peindre un tableau. Dans le Scherzo ressort ainsi tout le côté champêtre et festif mettant en valeur le chant de la clarinette. L’Adagio sera comme une douce ballade, le chef s’étirant en longueur pour faire ressortir la sensibilité des cordes, le calme et la sérénité autant que la mélancolie doucement voilée de ce troisième mouvement. Le Final sera énergique, le chef veut de la finesse, de la précaution, et de la précision. Si l’on apprécie cette démarche enluminant la richesse thématique de l’œuvre, et accentuant le côté royal de ce dernier mouvement, on reste toutefois déçu de ne voir l’orchestre éclater dans d’immenses forte. Lorsque l’on connait le large éventail de nuances de l’Orchestre de Paris on ne peut qu’en attendre plus.Toutefois, ce fut une délicieuse, délicate et galante soirée que nous passames ce soir avec l’Orchestre de Paris.

Visuels: © D.R

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