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[Live Report] L’orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg et Vadim Repin au TCE

[Live Report] L’orchestre Philharmonique de Saint-Petersbourg et Vadim Repin au TCE

14 novembre 2014 | PAR Marie Charlotte Mallard

Ce mercredi, le théâtre des Champs-Elysées accueillait l’orchestre philharmonique de Saint-Petersbourg avec à sa direction Youri Terminakov, directeur musical de l’institution depuis plus de 25 années. Il donnait le Concerto pour violon n°2 de Prokofiev avec Vadim Repin pour soliste, ainsi que la Symphonie n°6 « Pathétique » de Tchaïkovski.

Le plus ancien orchestre de Russie retrouve depuis 1990 la scène du théâtre des Champs-Elysées, et c’est chaque fois avec plaisir et impatience que le public l’accueille, en témoigne une salle bien remplie et de fervents applaudissements. Le concert débutait par le Concerto n°2 pour violon de Prokofiev, une œuvre contemporaine du ballet Roméo & Juliette dont on retrouve ici l’esprit. Une œuvre où soliste et orchestre dialoguent constamment le soliste lançant les thèmes principaux. Bien que virtuose elle est aussi reconnue pour ses qualités expressives.

Des qualités que nous n’avons malheureusement pas pu apprécier ce mercredi soir. En effet, si Vadim Repin étalait avec ardeur toute sa technique, l’interprétation du concerto fut froide, rêche, abrupte. Le musicien enchaînant les traits les uns après les autres, ne semblait porter aucun discours donnant de ce fait une interprétation dénuée d’âme. Au premier mouvement, l’on discerne malgré un son doux et rond des faussetés étonnantes pour un musicien de tel calibre, et si le second mouvement révélait au début un peu plus de sensibilité, le manque de couleurs et de relief ne permis pas à la magie d’opérer. Le dernier mouvement sera sauvage et emporté tout du long, et l’on reconnaîtra néanmoins que contrairement au premier mouvement Vadim Repin y mettra plus d’énergie. Toutefois, là encore on peine à saisir le tableau que le violoniste souhaite nous peindre. Une démonstration de force qui malgré tout emporte et convainc largement le public applaudissant à tout rompre la performance.

Après l’entracte, place à la Symphonie n°6 de Tchaïkovski, surnommée « Pathétique » par le frère du compositeur. Une œuvre créée à Saint-Petersbourg en 1893 sous la main du compositeur lui-même. Ainsi, portant cet héritage et après l’amertume qu’avait laissé le concerto de Prokofiev, on attendait beaucoup. Au premier mouvement le chef pose le climat avant de faire monter l’intensité et l’énergie dramatique de la pièce. L’arrivée de la clarinette douce et velouté éclairera soudainement l’horizon avant qu’un violent coup de poignard cuivré ne vienne raviver la douleur. Ainsi l’on oscille entre solennité nostalgique, profonde, et tension vigoureuse comme emportement tragique. Des vagues émotionnelles aussi belles et brillantes qu’abyssales et effrayantes, un flux et reflux émotionnel qui nous transporte tout au long des trois mouvements. Un arc en ciel de couleurs aussi chatoyantes que sombres nous permettra ainsi de saisir pleinement le sous-titre de la pièce. Des vagues qui nous emporteront dans un tourbillon poignant, un relief qui surtout permettra de mettre en lumière les différents thèmes mélodiques, leurs répétitions et leurs transformations. Le troisième mouvement sera aussi fougueux et explosif, en témoigne une fin tonitruante aux coups marqués, que le quatrième sera nostalgique, bouleversant. La fin suspendue, s’évaporant dans l’air surprendra le spectateur assujetti au discours de l’orchestre. Ainsi il mettra un moment avant de reprendre ses esprits et d’applaudir chaleureusement et vigoureusement la prestation. Face à un Prokofiev décevant, une Symphonie « Pathétique » juste et finement menée vint sublimement clore cette soirée.

Visuels: © site théâtre des champs-elysées

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Théatre Gérard Philipe
Comédie saint michel
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