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[Live Report’] L’Histoire du soldat & El Amor Brujo à l’Opéra comique : Satan fatigué

[Live Report’] L’Histoire du soldat & El Amor Brujo à l’Opéra comique : Satan fatigué

07 avril 2014 | PAR La Rédaction

Pour trois représentations, l’Opéra comique reprend une production de la MC2 Grenoble  avec l’Histoire du soldat et El Amor Brujo en diptyque.

Sur le papier, l’idée avait l’air alléchante : conjuguer deux pièces de théâtre musical, l’une mise en musique par le russe Igor Stravinsky, l’autre par l’espagnol Manuel de Falla, faire appel au chorégraphe Jean-Claude Gallotta, à Marc Minkowski et ses Musiciens du Louvre Grenoble, à la chanteuse Olivia Ruiz… On se disait qu’avec tout ce beau monde, il jaillirait forcément des étincelles ! Étonnamment, non.

La faute à qui ? Peut-être les chorégraphies un poil décoratives de Jean-Claude Gallotta. Une décoration omniprésente qui prend beaucoup de place sur une mise en scène dépouillée de Jacques Osinski et des comédiens dont le texte passe au second plan. Si les duos se font et se défont avec sensualité dans El Amor Brujo, illustration de l’amour déçu et de la jalousie de la gitane incarnée par Olivia Ruiz, les idées semblent avoir manqué pour l’Histoire du soldat.

Ni la musique de Stravinsky (pourtant évocatrice avec ses ruptures rythmiques sauvages et sa martialité diabolique), ni le texte ne semblent avoir réellement inspiré Gallotta.  Enfermé dans une cage transparente tout le long du spectacle, le pauvre soldat Joseph peine par ailleurs à émouvoir avec son histoire d’âme vendue au diable. Heureusement qu’il joue bien du violon, du moins son alter ego dans la fosse d’orchestre, Roberto Gonzales Monjas.

Restent deux énergies généreuses. Celle d’Olivia Ruiz, qui danse (beaucoup) et chante (un peu) sur le modèle d’une artiste de flamenco, portée, tournoyée, envolée par les danseurs masculins. Et celle de Marc Minkowski et son orchestre, précis et râpeux dans Stravinsky, enjôleur et taquin dans de Falla.

Par Victorine De Oliveira

Visuels: opera-comique.com ©Jean-Louis Fernandez

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La Rédaction

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