Classique
[Live report] Le violoniste vénézuélien Alexis Cardenas Festival Classique au Vert

[Live report] Le violoniste vénézuélien Alexis Cardenas Festival Classique au Vert

10 août 2014 | PAR Olivia Leboyer

Classique au vert

C’est le troisième été du Festival Classique au vert : offrir des concerts classiques de qualité, au cœur du Parc Floral de Vincennes, pour démocratiser l’accès à la grande musique. Une belle idée, et une vraie réussite. Ce samedi 9 août, la fête était baroque et vénézuélienne, avec le violoniste Alexis Cardenas.

Rien de solennel ou d’imposant à Classique au vert : l’atmosphère est joyeuse, conviviale. Sous un chapiteau blanc, ouvert au léger vent d’été, la scène et la salle permettent une bonne qualité d’écoute, tout en accueillant les quelques bruits insolites du parc (de temps à autre, un cri euphorique des oies bernaches, mélomanes en diable). Pour ce second week end au cœur de la verdure, la pluie avait enfin cessé : une accalmie en accord avec la musique ensoleillée du Vénézuélien Alexis Cardenas.

En deux parties, le concert s’est ouvert sur un duo, Alexis Cardenas au violon et la pianiste russe Natalia Medvedeva. Classique, à flux tendu, la musique baroque s’est déployée avec grâce. Pugnani, Gluck (« Orphée et Eurydice ») Bach, Ravel (« Habanera »), ou encore Manuel de Falla (« Danse espagnole »), autant de perles baroques, enchaînées en toute fluidité.

Classique au vert2

En seconde partie, toujours autant de maîtrise, mais encore plus de bonne humeur : l’ensemble Recoveco a rejoint Alexis Cardenas, pour une plongée dans les rythmes sud-américains. Les quatre musiciens ont su créer un climat doux et enveloppant, à la guitare (Francisco Gonzalez), au guitarron (Nelson Gomez, qui s’est lancé, vers la fin du concert, dans un beau solo), à la mandoline (le jeune Ricardo Sandoval), aux percussions et maracas (Rafael Mejias, le rythme bien en mains). Louvoyant avec bonne humeur d’un pays à l’autre, l’ensemble Recoveco nous a proposé des valses vénézuéliennes, ou vénézuéliennes à la sauce argentine, des tangos argentins (notamment d’Astor Piazzola), des morceaux mexicains, du joropo. Mêler les influences, les cultures fait partie du jeu : comme l’a rappelé Alexis Cardenas, peu importe les classifications ou les étiquettes, la musique doit avant tout être jouée et partagée avec cœur. L’amour de l’Amérique latine, l’amour en Amérique latine, avec ses traditions millénaires, comme la sérénade : Francisco Gonzalez nous a conté avec humour l’histoire de la sérénade, avant de nous charmer totalement, sur d’autres morceaux, par sa belle voix douce. « Caramba, mi amor », refrain répété huit fois, a agi comme un agréable mantra, tandis que la ronde baroque des morceaux prenait de plus en plus de corps. Un petit accident de corde de violon n’a pas entamé la belle humeur du groupe, qui en a profité pour improviser une chanson.

Deux heures de concert et, vers la fin, un morceau joué comme une prière pour la paix au Vénézuéla, « Para ninos ».

Retrouvez toute la programmation et les informations pratiques sur le site du Festival Classique au vert, en cliquant ici

visuels: affiche officielle du Festiva, photos ©Olivia Leboyer

Infos pratiques

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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