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[Live report] Le San Francisco Symphony dans John Adams, Charles Ives et Beethoven

[Live report] Le San Francisco Symphony dans John Adams, Charles Ives et Beethoven

21 mars 2014 | PAR La Rédaction

Lundi 17 mars 2014, la salle Pleyel recevait Michael Tilson Thomas et le San Francisco Symphony son orchestre (accompagné du Saint Laurent String Quartet), pour un programme aux résonances Beethoveniennes : la Concord Symphony de Charles Ives, John Adams pour une création française, la 7e de Beethoven enfin.

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La musique est un art qui fait se répondre des compositeurs à travers les âges. Les citations sont des hommages sonores, et à l’évidence, John Adams est un maître en la matière. Il est toujours excitant d’entendre une œuvre pour la première fois mais, lorsqu’elle est aussi riche, aussi intelligente et, disons-le simplement, aussi belle, on doute de parvenir à en saisir toutes les subtilités. Nous entendions il y a peu la 2e symphonie de Dutilleux qui, dans sa construction, empruntait au concerto grosso le modèle du double orchestre ; John Adams propose quant à lui une mise en abîme musicale passionnante puisqu’il livre avec cette Absolute Jest un quatuor à corde sous-tendu par un orchestre symphonique. Il faut dire d’abord le talent d’une écriture qui parvient à faire exister deux masses aussi différentes.  En dehors de l’articulation des deux ensembles, la pièce d’Adams propose un enchevêtrement de citations de Beethoven, et singulièrement des 14e, le plus novateur et le plus beau sans doute, et 16e quatuors et de la sonate dite Waldstein.

Adams confie que la genèse de sa pièce vient d’une audition de Tilson Thomas dirigeant Pulcinella de Stravinsky, et de son admiration pour « le fait que Stravinski, en utilisant des fragments d’œuvres vieilles de plus de deux cents ans, [ait] préservé certains aspects des partitions originales tout en faisant du Stravinski ». Si Stravinski cite Pergolese notamment, Adams utilise un matériau par nature moderne, il suffit pour s’en persuader d’écouter les premières mesures du 14e quatuor, quasiment bartokien.

Cette musique, moins hypnotique peut-être que d’autres œuvres d’Adams (dont son génial Nixon in China) rend joyeux, par sa construction façon mécano, un son puissant et un rythme trépidant. Une découverte formidable.

Avant ce morceau de bravoure, le San Francisco Symphony donnait une transcription de la Sonate n°2 de Ives dite Concord (transcription par Henry Brant). La sonate de Ives s’inscrit dans l’esprit du transcendentalisme, mystique qui prétend que toute expérience peut mener à une connaissance de l’univers. Chaque mouvement de la sonate est dédié à l’un des auteurs de ce mouvement philosophico-religieux : Emerson, Hawthorne, Thoreau et Alcott. L’orchestre donnait à Pleyel la transcription du mouvement consacré à la figure de Amos Bronson Alcott et sa fille (qui écrira les Quatre filles du docteur March). On sent les grands espaces, dès l’ouverture, comme dans les poèmes de Whitman. Très chouette!

Après l’entracte, la 7e de Beethoven. Œuvre géniale, surtout l’Allegretto, dont l’interprétation de Tilson Thomas, très legato, sonnait par moment comme du Bach. Pour finir, l’Orchestre et son chef donnèrent un bis. Tilson Thomas prit la parole et nous confia que la salle Pleyel était pour lui à jamais associée à Jean Fontaine. En hommage à cet homme de radio et programmateur regretté, l’Orchestre donna une version tout en douceur de Zwischenakt, extrait de Rosamund de Schubert. Un soirée comme on aimerait en entendre davantage!

Par Mathieu Orsi

Visuels: Michael Tilson Thomas © Chris Wahlberg

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