Classique
[Live report] Le Quatuor, danseurs de cordes détonants et désopilants

[Live report] Le Quatuor, danseurs de cordes détonants et désopilants

06 février 2014 | PAR Marie Charlotte Mallard

De la folie, du rire, et de la musique, tel est le cocktail explosif  que propose ce quatuor aussi étonnant que détonant ! Revisitant l’histoire de la musique, nous embarquant d’un pays, d’un continent à un autre ces quatre musiciens atypiques enchaînent à un rythme soutenu gags burlesques et improbables. 

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Dès le début du spectacle, les musiciens annoncent la couleur. Époussetant leurs instruments ils chantent avec autodérision la difficulté de les préserver des ravages du temps et des termites, puis se rient de la queue de pie, l’un d’eux la transformant en traîne, puis en cape, se jouant ainsi des clichés, balayant de ce fait le sérieux et la rigueur que l’on attribue à la musique de chambre.

De la comédie, au mime, du gag à répétition, en passant par le chant, la danse et évidemment la musique, ces quatre boute-en-train usent de tous les ressorts et astuces que peuvent offrir les métiers de la scène pour vous proposer un spectacle plus que complet et véritablement exceptionnel. Inventifs, ils transforment et recréent l’histoire. Survitaminé, le groupe glisse d’un personnage, d’une scène, d’un répertoire à un autre et s’amuse des notes comme des mots. Le Quatuor réussit ainsi le pari de mélanger les arts et les genres, faisant entendre grands airs classiques, country, jazz et variété. Ainsi, Vivaldi, Mozart, Beethoven, Pachelbel, Albinoni, Dvorack, pour ne citer qu’eux, côtoient Elvis, John Lennon, Piaf, Brassens,  Fernandel et même les Spices Girls !

Le Quatuor c’est donc avant tout un voyage ! Un voyage dans le temps, au cœur de l’histoire de la musique qu’ils ne cessent de revisiter. Ainsi, Farinelli devient gamin braillard, vendu par ses parents trop pauvre pour le nourrir à la chorale du Vatican. Paganini, un fou traumatisant aujourd’hui encore les violonistes de son Mouvement perpétuel. Beethoven, un grand bébé grognant et se lamentant de ne voir son piano arriver. Ici c’est la création de ses œuvres phares du maestro qui est remise en cause. L’hymne à la joie, la 5e Symphonie, ou encore La lettre à Elise ne seraient que fruit du hasard et non issus du génie du composteur. Mais outre le voyage dans le temps, c’est véritablement le tour de la planète que nous font faire ces quatre compères, ne cessant de changer de lieu et d’ambiance. S’ils nous présentent l’Italie, l’Allemagne, ils passeront également par l’Orient, avant de s’arrêter en Amérique (celle de la country, du Jazz, du rock avec Elvis), et feront même un tour en Bretagne se parant de toques de bigoudènes à ressort et faisant entrer sur scène bombarde et cornemuse.

Côté scène, nos artistes se parent de mille déguisements, mais c’est bien l’instrument qui reste le principal accessoire de jeu. Et ce n’est pas uniquement sur le son que joue notre Quatuor mais bien avec l’objet en lui-même. Ainsi, l’on découvre un hybride violon-guitare, un violon orné de fleurs, on voit l’archet remplacé par un cintre, puis se transformer en canne à pêche. Les instruments eux-m!mêmes deviendront feu de camp, le violoncelle faisant office de broche. Les étuis eux aussi seront mis à contribution, devenant jouets d’enfants, tels petites voitures et avions, mis à rude épreuve dans les mains d’enfants surexcités. Côté texte, l’on rit autant de créations de chansonniers que des enchaînements de titres ingénieusement trouvés. On retient particulièrement le clin d’œil politique «  jouer plus pour gagner plus et pouvoir se payer son stradivarius ». Enfin, amenant en fin de spectacle quatre femmes sur scène ils mélangeront tous les classiques de l’amour pour leur faire la cour. « Parlez-moi d’amour », « Auprès de ma blonde », « Love me tender », « Félicie », « Pour un flirt », « Que je t-aime » pour finir impétueusement sur le « Zizi ».

En bref, l’on trouve véritablement de tout dans ce spectacle! Aussi, pas besoin d’aimer la musique classique pour apprécier ce désopilant Quatuor qui nous prouve que « tout est bon dans le violon » et vous fera passer 1h30 grisante et vivifiante ! Un spectacle à ne manquer sous aucun prétexte!

Visuels: © D-Pallagès

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