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[Live Report] Goûter classique au Cannibale Café

[Live Report] Goûter classique au Cannibale Café

13 mars 2017 | PAR La Rédaction

A l’invitation du Cannibale Café, Toute La Culture a proposé un goûter classique à déguster oreilles et papilles en éveil, au soleil. 

Le Cannibale Café se situe au 93 rue Jean-Pierre Timbaud, plus haut que la Maison des Métallos, dans quartier populaire où toutes les cultures et les religions se croisent.  Récemment retapé, le grand café muni d’une belle terrasse joue désormais la carte du bistrot chic avec une carte soignée et des rendez-vous bien pensés. Le dimanche, un « déjeuner », à l’ancienne est proposé avec des plats sérieux, hier par exemple : Salade artichauts poivrades/parmesan, Filet de hareng fumé mariné, Shitakés snackés, Tranche de jambon fumé snackées, Filet de bar à la plancha, Suprême de poulet rôti, Fromage travaillé, Dessert au choix sur la desserte. Sérieux ! Et pour la première fois, l’idée est venue après le déjeuner, de proposer un goûter-concert classique. Belle idée ! Nous avons alors invité deux violonistes étudiants au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris à quitter leur zone de confort.

Les deux violonistes ont commencé leur premier « set » par le « Concerto pour deux violons en ré mineur » de Bach (1720) adapté pour la circonstance pour leurs deux instruments mais … sans orchestre. Ce qui ne les a pas empêchés de se faire entendre jusqu’à bien plus haut et bien plus bas dans la rue Jean-Pierre Timbaud ensoleillée. Se regardant et tenant avec joie le rythme du premier mouvement « vivace », chacun des solistes a pu exprimer sa sensibilité dans le deuxième mouvement « largo » où les cordes arrachent des sanglots d’une nostalgie sans âge. Reprenant le rythme très vif du « allegro » final, Emmanuel Coppey très concentré et Elie Hackel, battant la mesure avec le pied gauche, sont allés jusqu’au bout d’eux mêmes dans cette adaptation très réussie de Bach. Puis, sans transition ou presque ils sont passés au 20e siècle et au jazz manouche de Stéphane Grappelli et Django Reinhardt en variant sans partition et avec une énergie irrésistible sur un « Minor swing » (1942) qui a donné au enfants comme aux parents envie de danser. Une partita de Bach exécutée avec concentration par Emmanuel Coppey et une reprise élégante du double concerto de Bach version manouche ont clôturé cette première partie saisissante.

Le temps pour les enfants de dessiner et pour les parents de boire des cafés allongés ou un verre de prosecco en grignotant les mignardises concoctés par Fred; une madeleine proustienne, un petit moelleux et un crème façon crumble; il était déjà l’heure pour le soleil de s’en aller et pour les deux violonistes de reprendre.

A 17h, c’est dans le silence concentré du public attentif du cannibale café que les deux violonistes du CNSM de Paris ont repris pour une deuxième partie où ils ont commencé à Vienne, avec un morceau très « salon de thé », Strudel et valse de Fritz Kreisler joué avec humour et précision. Ils ont à nouveau varié sur Grappelli et Reinhardt et entonné avec une dextérité éblouissante un air roumain. Elie Hackel a attaqué en solo une partita de Bach et Emmanuel Coppey a proposé une version très impressionnante du  caprice numéro 17 de Paganini.
Et en extraordinaire bis, sous forme de bœuf joyeux, les deux solistes ont repris en entier le double concerto de Bach rejoints par deux autres solistes du CNSM de Paris, Bertille Arrué et Mathieu Lamouroux (alias le duoGallis) qui avait enchanté les lecteurs de Toute La Culture lors de la soirée champagne et chignon du mois de décembre 2015 chez Joséphine (lire notre live-report). La violoncelliste et l’altiste ont à eux seuls remplacé l’orchestre en offrant aux deux violonistes toujours plus intenses dans leur jeu une ligne de basse puissante.

Moment suspendu où entre chien et loup, tous, équipe du bar et spectateurs étaient saisis à la fois par la beauté de cette surprise inattendue.

Visuels : YH et ABN

Par Yaël Hirsch et Amélie Blaustein Niddam

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