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[Live-Report] 2ème soirée du festival Un Violon sur le Sable.

[Live-Report] 2ème soirée du festival Un Violon sur le Sable.

26 juillet 2017 | PAR Laurent Deburge

Nous avions rencontré Philippe Tranchet, le directeur du festival il y a cinq ans, qui nous avait expliqué l’ambition de cet événement : apporter la musique classique à tous les publics en se donnant les moyens d’une grande scène de rock, avec lumières, écrans géants et pyrotechnie. Mais d’une conversation dans un café parisien à la découverte du spectacle in situ il y a un gouffre, celui du réel, du spectaculaire, de l’énorme. La scène est là, au bout de la plage de la grande Conche de Royan, qui vit tomber de plus tristes feux d’artifices pendant la deuxième guerre. Les tours d’enceintes se dressent de chaque côté du plateau, face aux gradins, et à mesure que le soir descend la foule se presse. Au moment du coup d’envoi, mené par la baguette joviale du chef, cofondateur du festival, ils sont tous là, et tous, cela signifie jusqu’à 50 000 personnes, qui ont pour certains passé l’après-midi sur le sable, en attendant l’heure musicale.

Les invités sont prestigieux : Philippe Jaroussky, interprétant un air de Porpora étonnamment intime dans ce cadre grandiose, les chanteuses bariolées du groupe D.I.V.A, reprenant à quatre voix l’essentiel de la Traviata, mais surtout deux étonnants invités, qui se succèdent et donnent à entendre une sorte de gigantomachie culturelle. Il s’agit de François-René Duchâble, empereur du piano, qui interprète l’adagio du concerto « Empereur » de Beethoven, avant de revenir jouer le troisième mouvement du concerto de Tchaïkovski. Duchâble, avec ses moyens prodigieux, qu’on avait déjà entendu la veille, lors de la rencontre poétique de Vaux-sur-Mer. Mais après lui entre en scène un empereur de chine, Guo Gan, le joueur d’ehru, en duo avec un musicien turc. Ce moment de musique du monde, tout à fait surprenant, émerveille. Virtuose de cette vièle multiséculaire, Guo Gan entraîne l’orchestre dans une course endiablée. Le timbre de l’instrument est fascinant et émouvant. L’alchimie orient-occident est parfaite.

Le concert s’achève par un Boléro rythmé de feux d’artifices, pour réunir avec des yeux d’enfants émerveillés tous ceux qui ont osé venir à la rencontre de la musique, en bord de mer, face à l’admirable vaisseau qu’est la grande scène du Festival. Comme ce dernier fête cette année ses trente ans, il y aura même une quatrième soirée, consacrée aux musiques de film.

Le Festival se poursuit avec son florilège de stars les 28 et 30 juin, toutes les informations sur le site d’Un Violon sur le Sable. 

visuels : photos officielles

 

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Laurent Deburge

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