Classique
L’Hymne à la joie à la Philharmonie de Paris

L’Hymne à la joie à la Philharmonie de Paris

09 novembre 2015 | PAR Victorine de Oliveira

L’Orchestre philharmonique de Berlin était à Paris la semaine dernière pour une intégrale des symphonies de Beethoven. Le cycle s’achevait samedi soir avec « L’hymne à la joie ».

Une intégrale des symphonies de Beethoven dans la vie d’un directeur musical et son orchestre, c’est un peu comme une soirée entre mecs/filles dans un bar à striptease : pas très original mais franchement excitant, avec l’assurance d’emporter les suffrages de la majorité, musiciens et public compris. Et tant pis pour les râleurs du genre : « Franchement, je préfèrerais me faire une intégrale Jean Cras avec ma/mon régulier(e). »

Après un premier essai en 2008, Simon Rattle remet le couvert cet automne. Avec l’Orchestre philharmonique de Berlin il occupait la semaine dernière la Philharmonie de Paris pour un cycle des symphonies et ouvertures signées de l’ombrageux et chevelu compositeur. Une série achevée samedi 7 novembre, ordre chronologique et progression dramatique oblige, par la Symphonie n°9 en ré mineur op.125 dite « Hymne à la joie ». C’est bien à un effeuillage sensuel, souple et envoûtant que s’est livré Rattle à la tête du Berliner, jouant habilement avec les tempos sur le premier mouvement « Allegro », revenant à une mécanique très carrée sur le Scherzo, étirant langoureusement les thèmes du très tendre « Adagio ». Rattle colore chaque mouvement d’une identité propre, au point de leur donner une autonomie quasi personnelle. Mais là est son génie : jamais on ne perd de vue le plan d’un ensemble progressant inexorablement vers le jubilatoire chœur « A la joie ».

L’excellence du « Philhar’ » de Berlin n’est plus à démontrer : homogénéité organique des cordes, basses grondantes, cor surnaturel, percussions, notamment les timbales, triomphantes. Le Rundfunkchor de Berlin n’est pas en reste, le pupitre des sopranos volant largement la vedette. Toutefois les solistes (Annette Dasch, Eva Vogel, Christian Elsner et Dimitry Ivashchenko), comme souvent dans une production aussi onéreuse que la neuvième, ne laissent franchement pas un souvenir impérissable, voire arrachent quelques grimaces dispensables.

« Qu’un seul baiser enlace l’univers », chantent les vers du poète Schiller. Samedi soir, la baguette de Sir Simon Rattle battait à leur diapason.

Visuel : DR

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