Classique

Les insatiables sœurs Labèque au Théâtre des Champs Elysées avec l’Orchestre de Chambre de Paris

Les insatiables sœurs Labèque au Théâtre des Champs Elysées avec l’Orchestre de Chambre de Paris

17 mai 2013 | PAR Marie Boëda

Le Théâtre des Champs Elysées a accueilli mardi 14 mai l’Orchestre de Chambre de Paris sous la direction du maître baroque Masaaki Suzuki. En invité d’honneur les sœurs Labèque connues pour leur éclectisme musical.

Une programmation finement choisie pour cette soirée. En première partie, les deux grands piliers du classicisme viennois, Haydn et Mozart exposent leur talent en y dévoilant quelques notes de modernité. En deuxième partie, Stravinski s’inspire du compositeur baroque du XVIIIe, Pergolèse. On commence sans fioriture avec la symphonie n°95 en ut mineur de Joseph Haydn, une de ses dernières composées en 1791. Pas d’introduction, la symphonie attaque dès le début avec l’allegro moderato. L’orchestre, tout au long des quatre mouvements, est absorbé par une vivacité pénétrante que cette symphonie « Londoniennes » impose (la deuxième sur les douze qu’Haydn a composées à Londres). De rapides solos de hautbois et de violoncelle amènent de la rondeur aux notes frénétiques portées par le motif rhapsodique des violons.

S’ensuit le Concerto n°10 pour deux pianos en mi bémol majeur de Mozart interprété par les pianistes Katia et Marielle Labèque. Bien que l’on croit voir double lorsqu’on les voit arriver sur scène, ces sœurs ne sont pas jumelles. Les notes coulent comme il se doit et laissent place à la grâce des deux sœurs sereines et appliquées, penchées minutieusement sur leur instrument. Le troisième mouvement révèle un dialogue fluide aux notes à la fois acérées, douces et tendres. Les échanges constants avec l’orchestre s’accentuent, l’osmose surgit et demeure… Mozart écrit cette œuvre en 1779 pour sa sœur et lui au piano après un passage désastreux par Paris. Originellement écrit pour un frère et une sœur, le duo Labèque incarne le concerto.

Place au compositeur du XXe siècle, Igor Stravinski pour une de ses premières œuvres néoclassiques. Composé en 1919, Pulcinella est un ballet chanté. C’est Diaghilev qui proposa à Stravinski d’en écrire la partition dans le cadre des Ballets Russes. Mise en scène par Picasso et chorégraphié par Léonide Massine, voilà trois artistes qui ont bousculé la période. Pulcinella accueille des instruments à cordes bien sûr mais aussi à vent et des cuivres déployant une richesse de sonorités qui accompagne la soprano, Elizabeth Watts, le ténor, James Gilchrist et le baryton, Roderick Williams. Accents baroques et avant-gardistes, l’œuvre acide et harmonieuse nous invite à une aventure musicale aux notes finales triomphantes de la trompette.

Le meilleur moyen d’apprécier la musique classique est d’assister à une représentation, le Théâtre des Champs Elysées a hébergé un concert riche en couleur en cette fin de saison.

Visuels (c) : Jean-Baptiste Millot, Umberto Nicoletti et Marco Borggreve.

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Marie Boëda

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