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Les Arts Florissants dans la Passion selon Saint-Jean : Spiritualité et mysticisme à la Philharmonie

Les Arts Florissants dans la Passion selon Saint-Jean : Spiritualité et mysticisme à la Philharmonie

20 avril 2019 | PAR La Rédaction

Nous étions en ce vendredi saint à la Philharmonie de Paris pour écouter la Passion selon Saint-Jean, donné par les Arts Florissants, qui fête cette année ses quarante ans, toujours dirigé par son chef créateur, William Christie.

Dès l’entrée des musiciens on sait que l’on va assister un concert singulier. L’orchestre s’installe en éventail, deux contrebasses de chaque côté, un petit ensemble à cordes (en boyaux bien sûr) et trois duos de bois dans le fond. Sur le côté gauche le « continuo » tel la rythmique d’un quartet de Jazz du 18e siècle, composé d’un orgue, un luth, une viole de gambe et une contrebasse. Entourant cet orchestre baroque, quatre sopranos, quatre mezzos, trois ténors et deux basses. Devant, l’évangéliste, ténor solo.
Et puis William Christie qui malaxe la matière, ouvre les mains, les monte très haut, fait des gestes d’une grâce inouïe. Devant lui, son clavecin l’attend pour les recitativo accompagnés, auquel il participe à son grès, pour rejoindre le luth magique de Thomas Dunford.
Reinoud Van Mechelen incarne un évangéliste tout en nuances et subtilité, témoin impuissant laissant à Renato Dolcini (Pilate) et Alex Rosen (Jésus) le soin d’exprimer l’effroi, le doute, la sérénité. La beauté de la voix de Lucile Richardot, voix de l’âme affligée, bouleverse l’auditoire. L’air en si mineur, tonalité de l’irrémédiable souffrance, laisse à la viole le soin de méditer sur la mort.
Les deux heures de l’oratorio laissent l’auditoire suspendu à cet opéra d’église, à la dramaturgie et construction extraordinairement moderne, que Mendelssohn portera à la scène des années plus tard, permettant à un nouveau public d’accéder à ce chef d’œuvre.
On croit alors en la résurrection quand on entend poindre la lumière du matin de Pâques, et on finit apaisé et serein avec l’ultime mot de la partition « ewiglich » (éternellement).
Bien au-delà de la religion, cette œuvre prend une dimension mystique et universelle qui touche le cœur et l’âme.
Cette interprétation magique, aux tempi et articulations parfaites, à l’équilibre permanent, confirme bien que, après 40 ans, les arts florissants sont toujours l’un des meilleurs ensemble baroque du monde.

texte et image : Vladimir

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La Rédaction

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