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Le Gewandhausorchester Leipzig brille dans un programme romantique à la Philharmonie (22/01/2018)

Le Gewandhausorchester Leipzig brille dans un programme romantique à la Philharmonie (22/01/2018)

23 janvier 2019 | PAR Yaël Hirsch

Dirigé par son chef Andris Nelsons, l’Orchestre de Leipzig proposait hier soir un programme Mendelssohn / Schumann avec deux symphonies et beaucoup de nuances à la Philharmonie de Paris. 

Alors que la veille, Andris Nelsons et le Gewandhausorchester Leipzig ont été ovationnés pour leur « Rhénane » et leur Concerto de Schumann avec la pianiste Hélène Grimaud, ils ont récidivé dans la nuance et les beauté dans un programme allemand où Félix Mendelssohn est venu côtoyer Robert Schumann. 

Le concert a commencé avec Ruy Blas op. 95 de Félix Mendelssohn (1839), une ouverture de commande alors que le compositeur n’était pas fan de la pièce de Victor Hugo. Cuivres vibrants mais percussions et bois délicats, cette ouverture menée avec force et lenteur, pleine de couleurs et dirigée avec sophistication nous a réellement mis en bouche. 

Retour à Schumann  laissé la veille avec la Symphonie n°2  en ut majeur op. 61  (1846) qui raconte la lutte avec la mélancolie. Et dès les première notes du premier mouvement, c’est un ravissement de chaleur et de précision. Rien n’est forcé, chaque nuance est là et l’on passe en douceur d’une émotion à l’autre avec un orchestre qui fait corps sans jamais faire masse. Menés à la baguette et avec souplesse par Andris Nelsons, les musiciens du Gewandhausorchester livrent un Scherzo poétique sans fausse joie et qui se termine avec une telle subtilité que le public a envie d’applaudir à la fin de chaque mouvement. A l’adagio, comme il se doit, le « mal de vivre » et l’émotion nous saisissent à la gorge mais l’inquiétude sait rester grise et précise, l’âme romantique étant comme passé au scanner des vents et des cuivres. Le passage à la renaissance est toujours aussi fluide et c’est sans aucun à-coup que l’on passe à l’allegro final qui est subsomption et hymne à la vie.  L’on sort de cette interprétation avec l’impression d’avoir entendu chaque note et mieux compris cette symphonie de Schumann. 

Après l’entracte, le Gewandhausorchester Leipzig revient à Mendelssohn avec l’iconique Symphonie n° 4 en la majeur op. 90 dite « Italienne ». Et c’est un véritable changement de registre qui s’opère quand le premier mouvement Allegro Vivace entre en nous comme un lever de soleil. Nous sommes vraiment chez en pèlerinage avec le Child Harold de Lord Byron, dans l’odeur des pins et la lumière forte du Sud. La douceur perdure alors qu’on continue d’admirer la clarté de l’exécution avec la marche plus étrange et inquiétante de l’Andante où il y a déjà presque un soupçon de djins orientaux. Le troisième mouvement fait l’effet d’une promenade dans la nature, une espèce de danse douce avec les éléments. Enfin, aussi vif que subtil, le dernier mouvement Saltarello – Presto sublime la danse populaire pour nous entraîner, comme une fuite en avant vers un océan de douceur.

Un Mendelssohn aussi nuancé et coloré que Schumann, qui ravit la Philharmonie, pleine malgré la neige et qui applaudit 15 bonnes minutes. 

 

visuel : YH

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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