Classique

La Syrie à l’honneur à la Philharmonie

La Syrie à l’honneur à la Philharmonie

13 mars 2019 | PAR Bénédicte Gattère

Les week-ends thématiques de la Philharmonie sont toujours des moments riches de découvertes. Le dernier en date, mettant à l’honneur la Syrie, ses chants et ses musiciens nous a transporté. Véritable voyage au travers de la poésie de ce pays, il s’est terminé avec un concert de l’Orpheus XXI mené par Jordi Savall qui a invité plusieurs musiciens et chanteurs syriens exilés pour son dernier projet. 

Avec deux jours d’une programmation très complète, le week-end « Syrie » de la Philharmonie de Paris a permis au public parisien non encore familier de la musique arabe de s’en imprégner et aux fidèles, de se retrouver autour de beaux moments de partage. Plusieurs représentations du spectacle « On ne vole pas qu’avec des ailes » permettait de se retrouver en famille afin de s’ouvrir à cette musique, emmenée par le chant du oud. Destiné à un public plus familial, « Sur la route d’Antioche. Conte et musique autour de la Syrie » offrait une promenade au travers des espaces du Musée de la Cité de la musique à la découverte des collections d’instruments. Une bonne entrée en matière accessible à tous.

Le concert du samedi soir, intitulé « De Damas à Alep », convoquait l’un des sommets de la culture soufie, – la branche mystique de l’islam – avec la présence de derviches tourneurs. En deuxième partie, l’Orchestre syrien de Paris officiait en accompagnement du célèbre chanteur Omar Sarmini, qui a transporté l’auditoire au rythme d’airs populaires endiablés. Le dimanche a été riche de concerts centrés autour de la voix, avec un magnifique concert participatif – une partie du public composait les choeurs – autour des Chants d’Alep. Articulé autour des « quatre saisons », il donnait à entendre des poèmes des Xème et XIème siècles mis en musique, accompagné d’une contrebasse, d’un oud et d’une darbuqqa. Le but étant de faire renaître « une époque où l’islam et l’arabité était une culture et pas seulement une identité » selon les mots mêmes de Fawaz Baker, qui a composé une partie des morceaux joués cet après-midi. Suivait un concert dans l’espace intimiste du Studio de la Philharmonie. Le projet expérimental « Julnar », que ce moment a permis de faire connaître, regroupe trois instrumentistes de traditions différentes. La claveciniste Élisabeth Geiger, le compositeur et joueur de oud Khaled Aljaramani et le percussionniste et également compositeur Marti Uibo ont mis à contribution leurs talents respectifs pour une heure de grâce et de poésie pure que l’on aurait aimé ne jamais voir se finir.

Ce panorama de la musique arabe s’est terminé par un concert de Jordi Savall qui développe depuis l’année 2017  son projet Orpheus XXI, en faveur des musiciens réfugiés et immigrés en Europe. Avec cet ensemble hétérogène de musiciens, il a fait voyager le public depuis les communautés sépharades d’Israël jusqu’aux confins des montagnes kurdes. Ce qui frappait alors dans ce moment de communion avec le public, c’est à quel point les musiciens sont transcendés par l’esprit de la danse, continuum naturel de la musique arabe où mouvement, voix et rythme prennent corps chez des interprètes habités. 

Crédit photo : © Cyril Zannettacci/Musée du quai Branly

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Bénédicte Gattère
Étudiante en histoire de l'art et en études de genre, j'ai pu rencontrer l'équipe de Toute la culture à la faveur d'un stage. L'esprit d'ouverture et la transdisciplinarité revendiquée de la ligne éditoriale ont fait que depuis, j'ai continué à écrire avec joie et enthousiasme dans les domaines variés de la danse, de la performance, du théâtre (des arts vivants en général) et des arts visuels (expositions ...) aussi bien que dans celui de la musique classique (musique baroque en particulier), bref tout ce qui me passionne !

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