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La Nouvelle Athènes – Centre des pianos romantique en résidence au Petit Palais

La Nouvelle Athènes – Centre des pianos romantique en résidence au Petit Palais

24 juin 2019 | PAR Victoria Okada

Dans le cadre de l’exposition Paris Romantique qui se déroule au Petit Palais et au Musée de la Vie romantique jusqu’au 15 septembre, l’association La Nouvelle Athènes – Centre des pianos romantique est en résidence au Petit Palais.

Pianos romantiques, instruments en constante évolution

Jérôme Bertier et Raphaël-Moraly © Sylvie Brély


Après Paris 1900, la Ville spectacle en 2014, le Petit Palais présente Paris romantique, 1815-1848 et poursuit ainsi son évocation des grandes périodes fondatrices de l’identité de Paris. L’exposition présente, entre autres, un vaste panorama des activités musicales et théâtrales de la capitale alors très intenses. Quelques salles, notamment les sections « La Chaussée d’Antin et la Nouvelle Athènes » et « Les Grands Boulevards » sont particulièrement propices pour évoquer les pianos dont on jouait.
Tout au long du XIXe siècle, le piano a connu des transformations considérables en matière de la facture. Deux des grands facteurs, Erard et Pleyel installés à Paris, ont révolutionné la mécanique pour aboutir à l’instrument que l’on connaît aujourd’hui. Dans le processus de cette évolution, les facteurs ont procédé à des essais, parfois à tâtons, pour innover le système de frappe sur les cordes (appelé échappement) et pour améliorer la résistance et la résonance de celles-ci (des cordes parallèles aux cordes croisées). Pour illustrer les caractéristiques de ces pianos — en effet, chaque facteur apportait des touches spécifiques et les sons différaient les uns des autres des instruments —, on parle souvent du fait que Liszt appréciait la puissance, la brillance et l’ampleur d’Erard, alors que Chopin préférait l’intimité de Pleyel qui permettait des nuances infinies dans les pianos et pianissimos. Les compositeurs ont également fait évoluer leur écriture en parallèle de ces progressions mécaniques ; autant dire que cette période a forgé une collaboration formidablement étroite entre tous les artisans du son.

Concerts sur pianos d’époque

Alphonse Cemin © Sylvie Brély


L’Exposition présente deux pianos comme objets dans la section « 
La Chaussée d’Antin et la Nouvelle Athènes » : un piano droit, dit « pianino », fabriqué en 1835 par Ignace Pleyel & Cie, ayant appartenu à James de Rothschild ; et un autre Pleyel, un piano à queue n° de série 1555 de 1850 abrité par le Musée de la Musique à Paris. Un troisième piano s’ajoute à ces deux Pleyel, un piano à queue Streicher de 1847, faisant partie de la collection de l’association La Nouvelle Athènes. Johann Baptist Streicher (1761-1833) fut, avec Conrad Graf jusqu’en 1841, le facteur de pianos le plus illustre de Vienne. Le fils des facteurs Andreas et Nanette Streicher, il devint associé à leur activité en 1823 et exerça son métier en étroite collaboration avec Beethoven. Brahms appréciait grandement les pianos d’Emil Streicher (petit-fils de Andreas et Nanette Streicher). Sur ce piano installé à la fin du parcours de l’exposition, on peut entendre le son qui résonnait au XIXe siècle lors de concerts commentés les mardis et les jeudis de 15 h à 17 h, jusqu’à la fin juin. Des pianistes professionnels et membres de l’association, certains bénéficiant d’une notoriété internationale en tant qu’interprète, comme Alphonse Cemin, Florent Boffard (venu avec ses étudiants du CNSMDP), ou Rémi Cardinale, sont au clavier, parfois accompagnés d’autres instrumentistes ou chanteurs.

Sylvie Brely, présidente de l’association, parle de cette résidence au Petit Palais :

« Cette collaboration est née de l’idée de membres de l’association, notamment d’Aurélien Delage, Edoardo Torbianelli, Luca Montebugnoli et moi-même. Initialement, nous souhaitions placer des instruments de la collection que nous constituons dans des lieux ayant un rapport avec l’époque qui leur correspond. Nous étions en relation avec le Musée de la Vie Romantique, à Paris, pour y déposer un piano carré Erard de 1806 que nous sommes en train de restaurer. Au cours de discussions, nous avons appris que le Petit Palais organiserait l’exposition sur la période romantique à Paris de 1815 à 1848. Le directeur du Petit Palais, Christophe Leribault, a montré un vif intérêt pour l’idée de faire jouer des pianos romantiques dans l’exposition. C’est comme cela qu’est née notre résidence, et il nous a donné carte blanche. Nous avons conçu le programme des concerts des 29 et 30 juin avec Cécile Reynaud, commissaire musique de l’exposition et spécialiste de Liszt. Les musiciens joueront sur le piano Erard de 1838 qui vient d’Italie et qui est encore dans son jus ; C’est-à-dire que la plupart des éléments sont d’époque, comme la table d’harmonie et les marteaux. La restauration dont il a fait objet concernait essentiellement l’ajout de deux notes dans les aigus pour étendre la tessiture. Les concerts commentés de mardi et de jeudi sont donnés sur le piano Streicher de 1847. La salle romantique du musée se situe à la fin du parcours de l’exposition et les visiteurs pourront entendre, grâce à ces concerts, les sons de ce qu’ils ont vu précédemment en image. »

Concerts commentés dans la « salle romantique »
Entrée libre avec le billet de l’exposition

Mardi 25 juin à 15h Liszt : Venezia e Napoli ; Schumann : Kreisleriana. Orlando Basso, piano
Jeudi 27 juin à 15 h Schumann : Märchenlieder. Michel Gaechter, piano et Fanny Paccoud, alto

D’Anfray et Montebugnoli à l’Auditorium © Bernard Talagas


Concerts « Dans des salons à Paris 1830 – 1848 » à l’auditorium du musée :
Week-end musical à l’auditorium du Petit Palais sur le piano Erard 1838 d’un collectionneur italien.
Entrée libre dans la limite des places disponibles (182 places) – Accès à la salle 30mn avant le concert.


29 juin 2019 à 15h30 : Liszt, Chopin, Weber ; réminiscences de voyages et d’opéra
Franz Liszt : Au Lac de Wallenstadt, Harmonies poétiques et religieuses (Funérailles et Misere) ; Consolation n°1 & 2 ; Fantaisie sur les motifs de l’opéra « La Somnanbula » ; Benedetto sia ‘l giorno (2e des Trois Sonnets de Pétrarque, chant et piano)
Frédéric Chopin : Valse op. 69 n°1 & 2 ; Prélude op. 28 n°8 ; Sonate pour violoncelle et piano op. 65 (III largo, IV finale).
Schubert-Liszt : Auf dem Wasser zu singen
Karl Czerny : Nocturne sentimental
Adolphe Adam : Le retour à la montagne (chant / clarinette / piano)
Gaetano Donizetti : Il faut partir (extrait de La Fille du régiment)
Carl Maria von Weber : Air d’Annette (extrait de Freischütz)
Avec Olga Pashchenko, Laura Granero, Benjamin d’Anfray, piano ; Jeanne Mendoche soprano, Lucie Arnal, violoncelle, Roberta Cristini, clarinette

30 juin 2019 à 11h30 : Liszt « interprète » de Weber, de Beethoven aux côtés de Chopin, Kalkbrenner et Pixis…
Ludwig van Beethoven : Sonate n°12 op. 26 ; Trio « Les Esprits » op. 70 (extraits)

Carl Maria von Weber : Konzertstück ; Johann Peter Pixis : 4e Trio (extraits)
Frédéric Kalkbrenner : Thème favori de la Norma de Bellini op. 122
Frédéric Chopin : Fantaisie-Impromptu op. 66 (op. posthume), Polonaise op. 44
Eugène Walckiers : Thème et Variations sur une chanson populaire
Avec Edoardo Torbianelli, Luca Montebugnoli, piano et l’Ensemble Hexameron

Pour constituer la collection de pianos de la période romantique, La Nouvelle Athènes a lancé un appel au dons : tel 06 70 20 67 34

Photo de la une (piano) © Bernard Talagas

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