Classique

Un Jules César servi avec talent par les jeunes talents du Conservatoire de Paris

Un Jules César servi avec talent par les jeunes talents du Conservatoire de Paris

12 mars 2018 | PAR Yaël Hirsch

Une fois par an, le CNSM et la Philharmonie proposent ensemble un opéra servi par de jeunes talents. Dirigés par Philipp von Steinaecker, l’orchestre et les voix du département de musique anciennes font des étincelles, avec Giulio Cesare in Egitto, au cœur du Cycle Haendel.

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Ce sont donc trois représentations entièrement mises en scène que les étudiants du Conservatoire proposent en leur fief aux spectateurs de la Philharmonie. Nous sommes au cœur du cycle Haendel, aux côtés des Arts Florissants qui ont donné Ariodante.

La mise en scène de Marguerite Borie privilégie le jeu du noir et de la couleur dab in décors statique qui semble inspiré d’un plateau d’Alain Platel. Si les jeux d’allégories un peu pesants ne sont pas renversants, si les allusions sexuelles sont grossières et si le mouvement est un peu faible au regard de près de 4 heures de spectacle, les chanteurs sont dirigés, la lumière flamboie et rougeoies et l’idée de jouer avec les musiciens en les faisant monter sur scène pour incarner l’Egypte avec les chanteurs fonctionne parfaitement. Mais le miracle de cet opéra le plus illustre de Haendel, cette épopée ou Cléopâtre séduit un Cesar conquérant et interprète par une femme, c’est la musique.

Magnifique à souhait, virevoltant, dansant et énergique, Philipp von Steinaecker fait exprimer mille nuances à l’Orchestre. Baroque mais jamais baroqueux, ce Jules César se rapproche par sa qualité et son rythme de nous, public du 21e siècle. Les voix sont notamment des découvertes, notamment la mezzo-soprano Alienor Feix, sublime dans le rôle-titre (son Va Tacito était parfait et son Aure deh, per pieta encore mieux) et Cyrielle Nidjiki Nia en Cornelia puissante, veuve parfaitement éplorée (sublime duo final du premier acte « Son nata / O à lagrimar » avec la mezzo-soprano Brenda Poupard moins stable mais à temps très émouvante en Sesto). En Cléopâtre, Iryna Kyshliaruk (repérée à Voix Nouvelles) joue la séductrice aussi bien qu’elle la chante tandis que dans le second rôle d’Achille le ténor Jean-Christophe Laniece est une découverte. Une très belle soirée de Haendel, où l’on a retrouvé des personnages et des voix passionnés.

visuels (c) CNSMDP

Infos pratiques

Musée National Gustave Moreau
Opéra National du Rhin
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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