Classique
[interview]: David Selig, Les journées romantiques,  » le romantisme c’est l’expression libre des sentiments »

[interview]: David Selig, Les journées romantiques,  » le romantisme c’est l’expression libre des sentiments »

09 septembre 2014 | PAR Marie Charlotte Mallard

Une péniche en bord de Seine, un cadre feutré, intimiste, permettant la divagation doucereuse de l’âme et propice à la romance d’un soir, tel est le concept des Journées Romantiques, festival de musique classique qui par ailleurs fête cette année ses 10 ans. Proposant une programmation éclectique tant du point de vue du répertoire – on entendra ainsi autant du Bach, du Mozart, du Stravinsky que du Chopin, du Schumann, du Debussy- que des interprètes, des rencontres avec les artistes avant concert, nul doute que chacun saura y trouver son compte. David Selig, directeur artistique du festival a accepté de répondre à nos questions et de nous présenter avec ses mots ce festival. 

David Selig mid res

David Selig, vous êtes depuis 2004 directeur des journées romantiques, comment est né le festival ? A quelle demande répondait-il ?

Le festival est né d’une volonté de créer un événement particulier, dans un cadre « magique ».  La musique classique se présente souvent dans des grandes salles, alors que la péniche permet, induit une proximité, une connivence entre public et artistes.  La qualité de la programmation était un but primordial.

En regardant de près la programmation, on se rend compte qu’il ne s’agit pas uniquement d’exploiter un courant musical, alors qu’est-ce que le romantisme pour vous ?

Le romantisme, c’est tout ce qui touche l’affectif, l’expression libre des sentiments… Toute musique peut s’y référer, mais cela englobe aussi les liens amicaux qui nous relient aux artistes invités.

Comment choisissez-vous le répertoire ? Est-ce vous qui proposez les œuvres aux artistes ou est-ce un travail commun ?

Les interprètes ont toute liberté de choisir leur programme, c’est un des attraits pour eux.

La programmation est également très éclectique du point de vue des invités, vous mélangez artistes confirmés et jeunes perles émergentes, c’est important pour vous de mélanger les générations ?

Oui, c’est un élément de base, depuis le début, en espérant aider les jeunes à trouver d’autres engagements.  D’ailleurs, cela marche remarquablement bien – nos « Talents à découvrir » sont devenus des artistes connus sur des scènes internationales – je pense notamment au Trio Atanassov, à Saténik Khourdoïan, Delphine Bardin, Amaya Dominguez, Lorenzo Soulès, ou encore Julie Fuchs…

Outre la jeune génération, vous affichez des têtes prestigieuses, comment choisissez-vous les artistes, et comment fédérez-vous autour de ce projet ?

Ce sont d’abord des artistes qu’on admire, et le plus souvent, des amis de longue date.  Les artistes apprécient ce cadre intimiste, et l’accueil chaleureux de l’organisation comme du public.

Il y a du piano, des cordes (violon, violoncelle), de la voix, de l’accordéon, mais où sont les bois et les cuivres ? On a de plus en plus l’impression qu’ils disparaissent des récitals de musique de chambre, a quoi cela est-il dû selon vous ?

Mais, l’an dernier, David Guerrier a donné un récital magnifique ! Sur 4 instruments différents !

Pourquoi choisir une péniche comme lieu de représentation, est-ce par ce que cela symbolisait une certaine forme de romantisme ainsi qu’une forme d’intimité entre spectateurs et musiciens ou est-ce pour une démarche cherchant garantir l’accessibilité et à populariser la musique classique ?

Un peu des deux, puisqu’ effectivement on cherche une réelle ouverture vers le public local et pas forcément très habitué de musique classique. Mais le lieu est d’abord porteur : entrer dans la péniche, quitter la rive, est une entrée magique dans le spectacle.

Concernant l’accessibilité et l’ouverture à un nouveau public vous menez ce que l’on appelle des actions culturelles d’utilités sociales, notamment dans des écoles et collèges parisiens,  est-ce pour vous une mission intrinsèquement liée à la définition même d’un festival que d’avoir ce rôle d’ouverture et de pédagogie,  et d’amener de jeunes enfants, un nouveau public à la découverte de la musique instrumentale ?

Oui, et de nouveau, depuis le début, on a surtout cherché à ouvrir vers des enfants qui ne connaissent absolument pas cette musique – avec des résultats émouvants et étonnants.

Outre ces initiatives dans les écoles, vous pratiquez une politique d’accessibilité pour les habitants du 19e où se situe la péniche qui bénéficient de tarifs préférentiels, comment est accueilli cette initiative ?

On a un public croissant, du quartier, d’année en année, c’est la preuve de la réussite… mais c’est aussi un quartier qui sera de plus en plus investi de musique classique, ce qui créera des liens renforcés, on l’espère.

Il y a en France énormément de festivals, alors comment fait-on pour survivre, pour assurer la pérennité et le renouvellement d’ événements chaque année ?

C’est beaucoup de travail, de persistance, d’efforts de toute une équipe, mais la récompense est là, toute naturelle, lorsqu’arrivent les soirées si riches, belles, chaleureuses. L’échange, l’amitié en sont les mots clefs.

Toute les informations sur le festival et ses artistes à retrouver ici.

visuel: David Selig © DR

Infos pratiques

Saguez & Partners
Sites culturels de la Vendée
Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture