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Inauguration de la philharmonie de Paris J-1

Inauguration de la philharmonie de Paris J-1

13 janvier 2015 | PAR Marie Charlotte Mallard

Demain, mercredi 14 janvier, ouvrira la tant attendue Philharmonie de Paris. Depuis septembre, l’idée que le bâtiment ne pourrait être inauguré en temps et en heure ne cesse d’alimenter les conversations. Début décembre, c’est une course contre la montre qui est engagée par les professionnels du bâtiment, à pied d’œuvre 24 h sur 24, pour permettre l’ouverture de demain.

Qu’est-ce que la philharmonie ?

La philharmonie de Paris, c’est un immense projet architectural, musical et surtout sociétal. Un projet ambitieux, pensé pour rivaliser en termes d’acoustique avec les plus grandes salles internationales. Un projet surtout porté par une vision humaniste, celle de rendre la musique accessible à tous. Ainsi, le nouvel écrin de la musique classique se veut être un passeur d’art, enjoignant par son architecture le promeneur à venir découvrir la musique. Baladez-vous sur le toit et jouissez d’une vue sur tout le parc de La Villette, où bien passez en dessous et voyez votre chemin animé de projections vidéos, sous forme d’extraits de concerts. Décloisonner, interpeller, être un lieu d’échange, d’apprentissage musical pour tous – du néophyte aux mélomanes amateurs – une main tendue, mais aussi un lieu de répétition et d’enregistrement, telle est donc l’ambition de ce nouveau lieu culturel qui rivalise de trucs et astuces pour devenir incontournable et étendre au maximum son champs d’action.

Finie où pas finie ? Les conditions de l’inauguration :

A la veille de l’inauguration, l’Orchestre de Paris a déjà pris possession des lieux pour les répétitions générales, bien qu’une symphonie de grues et un ballet d’ouvriers tourbillonnent toujours autour de leur espace musical. En effet, si le bâtiment sera fonctionnel et prêt à l’accueil du public et des musiciens, tant pour les concerts, les salles de répétitions et studios pour la musique de chambre, que pour les ateliers éducatifs, comme le signifie Laurent Bayle directeur, il faudra encore trois mois pour l’achèvement des finitions extérieurs. De même, le restaurant panoramique, le café, comme l’immense espace d’exposition temporaire qui viendra remplacer l’espace réduit de la cité de la musique -aujourd’hui renommée Philharmonie 2- ne seront quant à eux prêts à recevoir le public qu’en mars. Aussi, malgré toutes les rumeurs qui courent donc depuis des mois, le concert d’inauguration aura donc bien lieu ce mercredi. Il sera par ailleurs dédié aux victimes des attentats de la semaine passée.

Une salle tout-terrain :

La philharmonie c’est un design moderne, épuré et futuriste, pensé pour obtenir une qualité sonore optimale quelle que soit la musique qui y soit jouée : musique classique symphonique, musique de chambre et musique actuelle. La salle est donc dotée d’une grande capacité d’adaptation tant en terme d’accueil du public que de son. En effet, celle-ci passe de 2400 places assises à 3650 pour la musique actuelle amplifiée. Le parterre incliné s’abaisse et se retourne pour que les fauteuils laissent place à un sol vide, la scène centrale pouvant être poussée au fond de la salle, les rangs situés derrières étant escamotables.

Un bijou à l’acoustique révolutionnaire ?

Plus que tout la grande attente réside en sa capacité sonore. On ne connaît que trop bien les débats sur l’acoustique de chaque salle de concert quelle qu’elle soit : trop rêche, trop sec, trop de résonance ici, pas assez de résonance là, ect…. La promesse de qualité sonore de la philharmonie de Paris est grande car le directeur la veut « exceptionnelle », et il faut reconnaître que sur le papier et vu la renommée des acousticiens – Harold Marshall et Yasuhisa Toyota– cela paraît en effet de bon augure. La salle de concert est dite « enveloppante », la scène est ainsi placée au centre de la pièce, les spectateurs entourent donc les musiciens, ceci plaçant l’auditeur le plus éloigné à seulement 32 m du chef d’orchestre. Les balcons « suspendus où flottants », détachés des parois de la salle, laissent derrière eux un vide permettant à la musique d’envelopper le spectateur. En outre, le plafond est doté de réflecteurs –eux aussi modulables selon le type de formation- sous forme de « nuages » et d’une « canopée » tous deux boisés.

Les attentes seront-elles comblées ? Réponse mercredi pour les spectateurs chanceux qui auront pu avoir une place.

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Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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