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Herbert Blomstedt : Un chef de légende à la Philharmonie de Paris

Herbert Blomstedt : Un chef de légende à la Philharmonie de Paris

17 décembre 2021 | PAR Jean-Marie Chamouard

A la Philharmonie, le 15 et 16 Décembre 2021, l’orchestre de Paris interprète les 3ème et 4ème symphonies de Johannes Brahms, sous la direction d’Herbert Blomstedt.

Une légende vivante

Herbert Blomstedt a 94 ans. Suédois né aux USA, il débute sa carrière de chef d’orchestre en 1954. Il a été directeur musical de nombreux orchestres en Norvège, Suède, Allemagne et à San Francisco. Ce soir, il est l’invité de la Philharmonie. Le voir diriger l’orchestre de Paris est très émouvant. Son apparente fragilité est surmontée dès qu’il conduit l’orchestre. Il est droit, digne, élégant. Sa simplicité, sa sobriété, son enthousiasme aussi sont inoubliables. Ce soir il se consacre aux 3ème et 4ème symphonies de Brahms. « Tu n’a pas la moindre idée de ce qu’est entendre continuellement derrière soi les pas d’un géant » disait Brahms en pensant à Beethoven. Ses symphonies sont donc des œuvres tardives et six années séparent les 2ème et 3ème. Mais il réussit en particulier dans la 4ème à proposer un langage musical nouveau, une orchestration innovante sans renier son classicisme.

La 3ème symphonie : œuvre contrastée, héroïque et sereine

Brahms a écrit sa troisième symphonie à Wiesbaden pendant l’été 1883 .Elle a été appelée « Héroïque » en référence à la 3ème de Beethoven et a reçu un accueil triomphal lors de sa création à Wien le 2 Décembre de la même année. Les accents initiaux de l’Allégro con brio sont effectivement héroïques, dramatiques. Le deuxième thème est lui beaucoup plus doux, plus tendre. Ce premier mouvement s’avère très romantique, très contrasté, le dialogue entre les violons et les vents est fécond, la fin paisible.

L’Andante débute avec le chant des cors puis celui des clarinettes et des bassons. La mélodie est belle, très émouvante, dans ce qui pourrait être une douce ballade amoureuse.L’intermezzo Poco Allegretto, est célèbre. Il a été repris dans le film « Aimez-vous Brahms », mais aussi par Serges Gainsbourg, Yves Montand, Frank Sinatra. Les violoncelles sont à l’honneur. L’auditeur s’évade, porté par cette musique sublime, il pourrait imaginer une fête élégante, dans un château, au bord du Rhin. Dans l’Allégro final, douceur, violence, héroïsme s’affrontent à nouveau. La musique est énergique, fougueuse, tourbillonnante, révélant la puissance, la virtuosité de l’orchestre. La coda est emprunte d’une grande sérénité, d’un recueillement quasi religieux.

La 4ème symphonie : un sommet du romantisme allemand

Elle a été composée par Brahms, dans les Alpes autrichiennes lors des étés 1884 et 1885 puis créée à Meiningen le 25 octobre 1885 sous la direction de Brahms lui-même. Le célèbre chef d’orchestre Hans von Bülow la fit connaitre, lors d’une tournée dans toute l’Europe. L’Allégro non troppo débute par des notes en doublets, puis par un crescendo lyrique alors que le 2ème thème est plus rapide, plus énergique. Les deux thèmes s’entremêlent pour une ballade romantique et nordique à la fois sentimentale et passionnée jusqu’au roulement de timbales final. L’Andante modérato est une belle et douce rêverie. Le chant des cors puis des clarinettes et des bassons apportent paix et calme. L’ambiance est toute différente dans l’Allégro Giocoso : c’est un scherzo rythmé, vif, dynamique qui évoque une fête dansante villageoise.

L’auditeur remarquera l’intervention du triangle. Huit notes définissent le quatrième mouvement construit comme une grande chaconne. Un thème très simple, emprunté à une cantate de JS Bach qui sera développé en trente cinq variations. Les moments de rupture sont nombreux, les accents pathétiques alternent avec des moments méditatifs. Les combinaisons orchestrales sont très variées, l’orchestration de Brahms est moderne, inventive. La puissance de l’orchestre est renforcée par les trombones. Elle culmine en une coda grandiose, spectaculaire.

Emotions, admiration, séduction : l’auditeur sera conquis par Herbert Blomstedt et par les si romantiques symphonies de Johannes Brahms.

Visuel : ©JMC

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Jean-Marie Chamouard

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