Classique

Elisabeth Leonskaja, l’Orchestre Philharmonique de Radio France et Mikko Franck dans le 4e Concerto pour piano de Beethoven à la Maison de la Radio

Elisabeth Leonskaja, l’Orchestre Philharmonique de Radio France et Mikko Franck dans le 4e Concerto pour piano de Beethoven à la Maison de la Radio

25 janvier 2018 | PAR Yaël Hirsch

Dans le cadre de l’Intégrale des 5 Concertos pour piano de Beethoven que l’Orchestre Philharmonique de Radio France et Mikko Franck proposent du 24 janvier au 3 février 2018, la pianiste russe Elisabeth Leonskaja a donné ce mercredi 24 janvier une version puissante du 4e concerto à la Maison de la Radio. L’oeuvre était précédée d’une Fantaisie pour piano, toujours de Beethoven et de la très beethovienienne Symphonie n°2 de Onslow.
[rating=4]

Alors qu’elle enregistre cette saison les cinq concertos pour piano de Beethoven avec Tugan Sokhiev et l’Orchestre national du Capitole sur la label easonus (où elle avait célébré ses 70 ans avec un disque Schubert), la mythique pianiste Russe qui a longtemps joué en duo avec Sviatoslav Richter, est arrivée avec la majesté d’une lionne sur la scène de l’auditorium de la Maison de la radio pour une Fantaisie pour piano de Beethoven (op. 77) qui a mis le public en tension. Pause, installation de l’orchestre, déjà très applaudi, de même que son chef Mikko Franck, et c’est au rythme de la deuxième symphonie de George Onslow. Compositeur aujourd’hui un peu oublié, ce natif de Clermont-Ferrand de parents franco-britannique était considéré par Berlioz comme le chaînon manquant entre Beethoven et le romantisme français. Avec un début solennel et une montée en puissance passant par des éclats de joie, sa Symphonie n°2 s’est donc parfaitement intégrée dans le programme beethovénien du soir et Mikko Franck s’est assez rapidement levé de sa chaise pour diriger les pizzicati et les cors du deuxième mouvement, un troisième assez grave et la limpidité vive du quatrième qui finit dans une apothéose.

Après une courte pause, L’orchestre et la pianiste reviennent sur la scène pour le Concerto de Beethoven tant attendu. Les quarante minutes suivantes semblent un moment d’éternité pour cette oeuvre culture que la soliste et l’extraordinaire orchestre rénovent. Evidemment virtuose, mais également très théâtrale à voir, dans la manière dont elle lève et laisse retomber ses bras entiers sur le clavier, Elisabeth Leonskaja entame son premier solo avec infiniment de douceur, que reflète fidèlement l’orchestre quand il lui répond. Ensuite, que ce soit dans la gravité du deuxième mouvement ou le vivace du troisième, Leonskaja est tellement originale qu’elle déconstruit presque certains points de repères. Elle joue des silences et des respirations pour donner un poids et parfois un sens nouveau aux notes, avant de plonger parfois dans des moments d’une vivacité fulgurante où tut est toujours clair et dru. En complément et tout entier concentré autour d’elle, l’orchestre partage avec la pianiste le souci de l’acuité tout en resituant les moments de solo à la fois durs et de grâce dans la continuité d’un fleuve musical. Le final est juste somptueux et laisse le public fou de joie. Les applaudissement fusent, et redoublent quand Elisabeth Leonskaja détache deux roses de son bouquet une pour elle et pour le violon solo de l’orchestre, Hélène Collerette. Il n’y aura pas de bis, mais le concert était dense et a parfaitement nourri toutes les âmes.
visuel : DR

Le triomphe parisien de Jakub Józef Orlinski
Daniel Linehan nous parle de Flood
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *