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Dvorak et Brahms se retrouvent à la Cité de la Musique avec David Grimal et Les Dissonances

Dvorak et Brahms se retrouvent à la Cité de la Musique avec David Grimal et Les Dissonances

10 mars 2022 | PAR Jean-Marie Chamouard

La Cité de la Musique-Philharmonie de Paris accueille le 8 mars 2022 le violoniste David Grimal et l’orchestre Les Dissonances. Ils interprètent l’ouverture de l’Opéra « Vanda » et le concerto pour violon de Dvorak puis la 3ème symphonie de Brahms.

La riche année 1883

1883. L’année de la création à Prague du concerto pour violon d’Anton Dvorak et à Vienne de la 3ème symphonie de Brahms. Les deux compositeurs sont liés par une amitié durable et une admiration réciproque. Le concerto pour violon de Dvorak a été écrit pour le célèbre violoniste hongrois Joaquim, peut être sur les conseils de Brahms. Joaquim n’aimera pas cette œuvre, malgré les versions successives du compositeur il ne l’interprétera jamais. Parfois injustement méconnu ce concerto fait partie maintenant du « panthéon musical » pour sa sensibilité et la beauté de ses mélodies inspirées du folklore tchèque. La symphonie n°3 a été écrite par Brahms, à l’été 1883 à Wiesbaden en Rhénanie et sera crée en décembre de la même année par Hans Richter. Elle sera nommée héroïque en référence à la 3ème symphonie de Beethoven mais s’inspirerait plus de la symphonie Rhénane de Robert Schumann. Très représentative du romantisme allemand elle connaîtra un grand succès du vivant du compositeur.

David Grimal est un violoniste français né à Chatenay Malabry le 9 O2 1972. Après une formation au conservatoire de Paris puis auprès d’Isaac Stern et Shlomo Mintz, il mène une carrière internationale de soliste et de chambriste. Il a fondé en 2004 l’orchestre les Dissonances, qui réside à Dijon. Il joue sans chef d’orchestre s’inspirant de la tradition de la musique de chambre.

Un concerto inspiré par le folklore tchèque et tsigane

Le concert débute par l’ouverture de Vanda, le 4ème opéra de Dvorak, qui retrace une légende polonaise mêlant amour malheureux et patriotisme. L’ouverture est contrastée alliant des accents martiaux et victorieux à des moments lyriques beaucoup plus paisibles.
Le premier mouvement du concerto de Dvorak débute par trois accords et l’entrée quasi immédiate du soliste. Un dialogue se développe entre le chant du violon et l’orchestre. La richesse de l’orchestration pourrait être celle d’une symphonie. La mélodie est belle, sensible, romantique, elle met en valeur le timbre du violon de David Grimal, sa chaleur, sa sensualité. Après une longue note tenue, interrogative, l’adagio s’enchaîne directement. La musique est sereine, sensible émouvante, le jeu du soliste d’une grande douceur. L’allégro final est rythmé joyeux, entrainant. L’ambiance est résolument tsigane, évoquant une succession de danses dans une fête villageoise. La vivacité de ce troisième mouvement nécessite assurément une grande virtuosité de la part du soliste.
David Grimal apparait très chaleureux, empathique, son jeu est très expressif, mettant tout son corps en mouvement. Mais il se dit « écrasé » par l’actualité et dédiera donc son « bis » à ses amis ukrainiens.

Un monument du romantisme allemand

Trois accords éclatent au début de l’Allégro con brio de la symphonie n°3 de Brahms. De cette tension initiale émergent un thème héroïque, un hymne à la liberté et des thèmes secondaires lyriques presque lancinants. Ces deux visions s’entremêlent. La musique est ample, puissante telle des vagues montantes et descendantes. L’adagio évoque une ballade insouciante parfois, souvent rêveuse voire méditative L’auditeur peut imaginer un paysage rhénan estival, calme, paisible. L’intermezzo est le mouvement le plus célèbre. Sublime mélodie introduite par les violoncelles puis le cor et les violons. C’est une danse lente un peu mélancolique qui évoque une fête galante. L’allégro final est plus sombre presque menaçant. L’orchestre se déchaine puissant, impétueux, avec de lourds accents. Le destin semble frapper. Après cet orage, la douceur, la sérénité reviennent comme si l’excès d’énergie se dissipait peu à peu devenant fantomatique à la fin de la symphonie
Dvorak –Brahms. Le programme est très cohérent et nous offre deux œuvres majeures du romantisme de la fin du 19ème siècle, magnifiquement interprétées par David Grimal et l’orchestre « Les Dissonances ». Un concert comme une consolation…

visuel (c) JM Chamouard

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Jean-Marie Chamouard

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