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Aujourd’hui musiques (2) à Perpignan sous le signe des installations sonores et visuelles

Aujourd’hui musiques (2) à Perpignan sous le signe des installations sonores et visuelles

24 novembre 2021 | PAR Gilles Charlassier

Aujourd’hui musiques se referme sur un condensé de son identité artistique, au croisement de la création sonore et visuelle. La performance Birds, winds and dreams d’Alexandre Vert et Thomas Penanguer, donnée le samedi et le dimanche du week-end de clôture, en témoigne.

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Depuis l’ouverture du Théâtre de l’Archipel il y a désormais dix ans, la programmation d’Aujourd’hui musiques, rendez-vous de la création musicale chaque automne à Perpignan, a évolué, avec la prise en compte des opportunités offertes par la scène nationale, où le festival a dorénavant pris ses quartiers, pour inscrire l’expérience musicale et sonore dans une transdisciplinarité visuelle et multimédia, qui a depuis fait des émules. La variété des formats et des propositions artistiques, de l’installation au concert scénographié, en passant par diverses formes hybrides, favorise un renouvellement du public, faisant ainsi d’Aujourd’hui musique un creuset des différentes sensibilités artistiques contemporaines en termes d’écritures sonores et visuelles.

Le samedi du week-end de clôture l’illustre de manière éloquente. Comme cela est désormais l’usage, la soirée s’ouvre sur un concert d’avant-spectacle, en entrée libre dans la verrière du hall du théâtre. Avec un mélange d’instruments, guitare et piano à doigts, et d’objets préparés avec eau et glaçons, à l’exemple d’un ice board, Jérôme Hoffmann propose avec Sub aqua une plongée dans une parenthèse électro, relaxante et évocatrice, qui constitue une sorte de sas entre l’agitation urbaine et le spectacle de la soirée. La performance privilégie une approche immersive qui entre en consonance et sera prolongée par Birds, winds and dreams dans la salle du Grenat.

Commande du festival, l’installation sonore et visuelle d’Alexandre Vert et Thomas Pénaguer est le fruit d’une résidence au Théâtre de l’Archipel où les artistes ont pu ajuster leur dispositif en conditions réelles, pendant la fermeture au public imposée par la crise sanitaire. A rebours des dispositions frontales où les spectateurs font face à la scène, celui-ci est invité sur le plateau, sous le dais d’une cage de scène habillée de projections vidéos évolutives inspirées par les mouvements des bancs d’oiseaux et d’un ensemble de seize haut-parleurs réparties dans ce dôme sonore et visuel. Si le projet part d’abord de la partition d’Alexandre Vert, composée de manière heuristique à partir de sons divers, dans la lignée de la musique concrète de Pierre Schaeffer, l’expérience du public, invité à prendre place dans des transats tournés vers la cage multimédia, est davantage influencée par la génération algorithmique des images. Plutôt que d’affirmer la nécessité d’une continuité narrative, le résultat s’apparente à une installation où l’on pourrait aller et venir, et pourrait tout aussi bien trouver sa place dans un espace d’exposition. S’ils bousculent parfois le primat de la musique, la rencontre et le croisement des médias auxquels Aujourd’hui musiques est attaché contribue ainsi à dépasser les clivages de formes et d’audiences.

Gilles Charlassier

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©Festival Aujourd’hui musiques

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Gilles Charlassier

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