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A l’Opéra national de Bordeaux, un hommage à Gabriel Fauré en demi-teinte

A l’Opéra national de Bordeaux, un hommage à Gabriel Fauré en demi-teinte

30 septembre 2018 | PAR Alexis Duval

La maison aquitaine nous faisait découvrir des pièces moins connues du compositeur, vendredi 28 septembre. Malheureusement, l’enchaînement des pièces a donné lieu à trop d’allers et venues. La grâce n’a pu s’épanouir pleinement.

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De la riche œuvre de Gabriel Fauré, le grand public retient souvent son entêtante Pavane et son sublime Requiem. C’était tout à l’honneur de l’Opéra national de Bordeaux de vouloir faire découvrir des pièces moins connues du compositeur français, en particulier celles pour piano, à travers un apéro-concert, vendredi 28 septembre.

Après la dégustation proposée par les vignerons des Côtes-du-Bourg, nous voilà assis dans les rangs confortables de l’Auditorium. C’est avec une curiosité amusée que le public a assisté à l’apparition des chœurs. La quarantaine de chanteurs a mis près de trois minutes à s’installer ; la faute aux interprètes féminines qui n’avaient visiblement pas préparé leur arrivée. Dès le premier opus (le beau “Cantique de Jean Racine”), la solennité a repris le dessus.

Un compositeur qui appelle au recueillement

Une fois la courte pièce terminée, la jeune soprano Hélène Carpentier entre en scène et prend le relais, le temps d’un “Au bord de l’eau” très réussi. Puis quitte la scène sous des applaudissements mérités pour laisser les choristes entamer un « Madrigal ». Puis revient à l’air suivant… Une question nous taraude : à quoi bon célébrer ainsi un compositeur appelant au recueillement et s’adressant à l’intime si c’est pour opérer tant d’allers et venues qui sont autant d’interruptions ?

Quel dommage, car le programme, aussi malhabile fût-il dans ses enchaînements, a été exécuté avec grâce. Il comprenait nombre d’airs élégiaques d’une grande douceur, ce qui est en quelque sorte la marque de fabrique de Gabriel Fauré : inspiré par les mots de grands hommes de lettres à l’image de Victor Hugo, Théophile Gautier ou Charles Baudelaire, il a toujours eu les harmonies à coeur.

De ce concert aux allures de rendez-vous manqué, on retiendra en particulier la mise en musique que le compositeur a faite des Djinns, ces esprits à la “voix sépulcrale” qui avaient tant fasciné Hugo dans ses Orientales. Un moment de malice rondement mené par le chœur que dirigeait le chef Salvatore Caputo. Au piano, on déplorera les accrocs de Martine Marcuz, dont le jeu manquait quelque peu de relief. L’intention de l’Opéra national de Bordeaux était louable, la performance globale un peu moins.

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Alexis Duval

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