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A la cathédrale Saint-Louis des Invalides, le facétieux Saint-Saëns à l’honneur

A la cathédrale Saint-Louis des Invalides, le facétieux Saint-Saëns à l’honneur

10 novembre 2019 | PAR Alexis Duval

La fine fleur des interprètes était réunie le temps d’une soirée autour d’un programme consacré au compositeur français. Le Carnaval des animaux en particulier a été un moment formidable.

Un Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns (1835-1921) avec Julie Depardieu comme racontante d’un texte de Francis Blanche. On partait conquis. Et on a tout simplement fondu de plaisir lorsque l’actrice, connue pour sa mélomanie (ses chroniques sur France Musique se distinguaient par la passion communicative qui s’en dégageait), est arrivée tout sourire sur la scène de la cathédrale Saint-Louis des Invalides à Paris, jeudi 7 novembre. Parée d’une élégante lavallière et avec à ses pieds une paire de derbys noires et blanches on ne peut plus jazzy, elle se savait attendue.

Du côté des interprètes, la fine fleur de la nouvelle garde française était réunie : Guillaume Chilemme et Cécile Roubin au violon, Adrien La Marca à l’alto, Ophélie Gaillard au violoncelle, Yann Dubost à la contrebasse, Juliette Hurel à la fête, Pierre Génisson à la clarinette, Romain Leleu à la trompette, Adélaïde Ferrière aux percussions… Sans oublier les inoubliables Claire Désert et Guillaume Vincent au piano. Ensemble, ils ont rendu un hommage succulent en sans accroc à la composition phare de Camille Saint-Saëns, créée en 1886.

Récitant le texte d’accompagnement que Francis Blanche a écrit en 1969, la comédienne Julie Depardieu a déployé tout son talent, teintant sa diction très articulée d’une gouaille toute parisienne et d’un sourire d’une espièglerie de circonstance. Entre la drôle de versification du poète, la solennité du lieu et la puissance d’évocation visuelle de l’irrésistible composition de Saint-Saëns, le mélange des genres était parfait. Notons la jolie idée de mise en scène, simple mais efficace : au moment du “Coucou au fond des bois”, neuvième chapitre du Carnaval des animaux, la clarinette censée incarner l’animal est hors-champ.

Un concert beaucoup trop court

En guise de mise en bouche avant la pièce maîtresse, le public de chanceux de la cathédrale Saint-Louis des Invalides a également eu le droit au Septuor pour trompette, cordes et piano en mi bémol majeur op.65. Une oeuvre en forme de parodie baroque dans laquelle s’est distingué Romain Leleu. La Tarentelle pour flûte, clarinette et piano en la mineur op.6 qui a suivi, bien que surjoué par un Pierre Génisson trop cabotin, a tout de même offert un beau moment musical.

Seule ombre au tableau : le concert était beaucoup trop court – une heure tout juste. Il n’a de surcroît donné lieu à aucun bis. Il aurait été certes compliqué, vu le nombre trop faible d’interprètes, de se lancer dans une Danse macabre ou toute autre oeuvre pour orchestre du compositeur. Mais il n’empêche que l’on aurait grandement apprécié que ce moment délicieux trouve une prolongation, aussi infime eût-elle été.

Crédits photos : AD

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Alexis Duval

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