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5ème édition des Musicales de Pommiers

5ème édition des Musicales de Pommiers

10 août 2017 | PAR Elodie Martinez

Dans la Loire, quelque part en Lyon et St-Etienne, se tient un festival dans un lieu peu connu de tous : Pommiers, où se dressent une église et un prieuré exceptionnels dont l’histoire débute au Moyen-Âge et porte les marques d’au moins trois périodes différentes, entre construction, agrandissement, ou encore abandon d’un projet pourtant entamé. C’est ici que Joseph La Marca décide d’implanter un nouveau festival, aidé de ses deux fils : Adrien et Christian-Pierre. La triste disparition de la figure paternelle en 2013 n’a pas été la fin de ce festival familial qui, cette année, présente sa cinquième édition, accueillant des noms qui n’ont rien à envier aux festivals  de renommée internationale !

Le lieu, tout d’abord, sert l’intimité des Musicales de Pommiers et la simplicité de la jeunesse qui entoure et donne souffle au festival dont le musicien, enseignant et chef d’orchestre Joseph La Marca est à l’origine. Après une première édition sur deux jours et marquée par le succès, ses fils décident de poursuivre l’aventure malgré la disparition de leur peur afin de lui rendre honneur. Adrien, joueur d’alto récompensé aux Victoires de la Musique Classique 2014 (soliste instrumentale) et Christian-Pierre, violoncelliste Révélation classique de l’ADAMI et lauréat du Prix des radios européennes, sont entourés de fidèles et d’amis qui aident à faire vivre et à faire grandir ces jeunes Musicales.

La qualité de la programmation de cette année n’a finalement que bien peu de choses à envier, si ce n’est rien, aux grands festivals dont on parle partout en France : Philippe Jaroussky pour le concert d’ouverture vendredi 4 août, Nevermind (comptant Jean Rondeau), Adam Laloum, Thierry Escaich, Nicholas Angelich, Kit Armostrong, Karine Deshayes et bien d’autres, sans oublier bien entendu les frères La Marca, un artiste n’étant pas cantonné à une date, les journées comptant plusieurs concerts et opportunités de rencontrer les interprètes, parfois moins connus mais tout aussi intéressants comme le montre la matinée aux côtés de Marie-Ange N’Guci (dont nous vous parlons ici).

Outre ces nombreux concerts et récitals donnés pour la plupart à l’église de Pommiers, dont l’acoustique est tout simplement fabuleuse et réellement pensée pour les voix et la musique grâce à ses 29 vases acoustiques, le festival propose l’opportunité de visites musicales du prieuré. Durant ces dernières, le public a la chance de découvrir la riche histoire de ce lieu bâti tout d’abord au Xie siècle par une communauté de neuf moines qui se rangent un siècle plus tard sous l’influence de l’abbaye de Cluny. La fortune de celle-ci permet de reconstruire le prieuré et son église. La Guerre de Cent Ans engendre la construction de remparts afin de protéger le village ainsi que de tours de fortification, mais la Révolution française disperse la communauté monastique avant que la famille Bourganel ne s’en empare aux XIXe et XXe siècles. Le lieu devient alors une maison de repos pour les prêtres. Enfin, le Conseil général de la Loire en devient le propriétaire en 1990 et effectue divers travaux de restauration. La visite proposée dans le cadre des Musicales permet ainsi de retracer cette riche histoire de ce qui fut également un très important propriétaire terrien (l’un des rares à pouvoir payer son dû à Cluny en nature) mais également de visiter la charpente historique du bâtiment. Ponctuée musicalement par les artistes du festival, ces visites se montrent véritablement uniques.

Ce jeune festival souffle ainsi cette année ses 5 bougies pour le plus grand plaisir du public chanceux qui se retrouve au sein d’un village historique et musicale pour deux weekend à ne pas manquer, du 4 au 13 août !

© François Escriva (sauf la première photo en vue aérienne)

Infos pratiques

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Elodie Martinez
Après une Licence de Lettres Classiques et un Master en Lettres Modernes, Elodie découvre presque par hasard l'univers lyrique et a la chance d'intégrer en tant que figurante la production du Messie à l'Opéra de Lyon en décembre 2012. Elle débute également une thèse (qu'elle compte bien finir) sur Médée dans les arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis, en parallèle d'un stage dans l'édition à Paris, elle découvre l'univers de la rédaction web et intègre l'équipe de Toute la culture où elle participe principalement aux pages d'opéra, de musique classique et de théâtre. Elle a aussi chroniqué un petit nombre de livres et poursuit l'aventure une fois rentrée sur Lyon. Malheureusement, son parcours professionnel la force à se restreindre et à abandonner les pages de théâtre. Aujourd'hui, elle est chargée de projets junior pour un site concurrent axé sur l'opéra, mais elle reste attachée à Toute la culture et continue d'être en charge de l'agenda classique ainsi que de contribuer, à moindre échelle, à la rédaction des chroniques d'opéra.

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