Musique

Christophe au théâtre Marigny: t’as le son coco

Christophe au théâtre Marigny: t’as le son coco

30 janvier 2013 | PAR Lucie Droga

Lundi soir, le théâtre Marigny accueillait le chanteur français Christophe : du haut de ses 1m65, ce grand monsieur, tout de gris vêtu invitait le public à se sentir « comme à la maison ». Loin d’un show spectaculaire et grandiloquent, l’interprète d’« Aline » se lançait dans trois heures de concert, où musique, émotions et rires étaient de la partie.


Cadre idyllique pour un musicien hors pair, le public semblait très excité à l’idée de voir apparaître sur scène Christophe, qui, cinq ans après la sortie de son dernier album Aimer ce que nous sommes s’invitait sur les scènes du théâtre pour trois jours de concerts. Après une première partie assurée par Justina, une pianiste classique vêtue comme un bonbon, le musicien investit les planches, sans musicien et sans filet, seul avec son piano, son synthé et ses guitares, une grande première en quarante ans de carrière.

C’est surement ce caractère inédit qui a conquis le public, prouvant, pour ceux qui en doutaient encore, que Christophe est bien l’un des interprètes français les plus conséquens de sa génération. Annonçant dès son entrée qu’il voulait faire « comme à la maison », Christophe s’est donc permis beaucoup d’acrobaties ce soir là, retravaillant toutes ses chansons à la manière d’un sculpteur qui donnerait une forme nouvelle à son oeuvre. Une fois le passage obligé par les  « Mots Bleus » et « Aline », le chanteur s’attaque à des morceaux plus ou moins connus, comme « Minuit Boulevard », « Les Paradis Perdus », « Emporte-moi »,  « Ces petits luxes » ou encore « Merci John d’être venu ». Avec cette fragilité qui lui est propre, ce doute constant qui le tiraille, Christophe sait donner sens à l’erreur sans honte, sans masque, interpellant le public sur sa recherche du « son parfait ». Un acharné du travail, qui peut rester « deux jours et deux nuits » à essayer d’approcher ce son, qui semble toujours se dérober sous sa main.

Et pourtant, la magie s’opère : depuis le micro accroché à sa petite chaise tournante (dont il expliquera, très fier, le mécanisme) jusqu’aux blagues sur les rappels (« je vous épargne le rappel, on va dire que je suis déjà parti et revenu »), Christophe charme son public avec une aisance terrifiante. Du spleen à la mélancolie, le chanteur à la voix écorchée tente d’exorciser ses vieux démons, l’amour, avec une sensibilité si peu assumée qu’on pourrait presque croire, si on ne le connaissait pas, qu’elle vient d’ailleurs. D’ailleurs ou de Bashung, qui ne devait pas se tenir loin de Christophe ce soir là.

 

Visuels: capture d’écran du site mecheria.xooit.com

Image à la Une : capture d’écran du site lunettesde.com

 

 

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Lucie Droga

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