Chansons

[Live report] VOLO à L’Olympia, un pur bonheur

[Live report] VOLO à L’Olympia, un pur bonheur

30 avril 2013 | PAR Marie Charlotte Mallard

 

Pour la sortie de leur dernier album, Sans Rire, dans les bacs depuis le 11 Mars dernier, nous retrouvons le groupe sur la scène mythique de l’Olympia. Alors que leur nouvel opus nous avait déjà ravis par sa fraîcheur, l’on reste indubitablement charmés par le duo qui nous a permis de passer un savoureux moment, du pur bonheur qui visse sur le visage de chacun un doux et large sourire au sortir de l’Olympia.

En première partie, la jeune et pétillante Sophie Maurin, que l’on fut enchantés de découvrir et qui de sa voix claire et jazzy, de son piano et du violoncelle bluesy qui l’accompagnait, introduisait très justement le groupe, par ses chansons à texte toute en légèreté et espièglerie. Entre Cœur de Pirate et Olivia Ruiz, elle offre au public ses chansons délicates et profondes, parlant d’amour et de rupture avec un brin de malice. Le plus, l’instrumentation riche au piano, entre ruissellement d’arpèges et doux ragtime, mais surtout ce violoncelle qui apporte corps et profondeur à sa musique.

©-Anne Piégu VOLO-FredoAprès cette douce introduction, place à VOLO. A peine les lumières éteintes, le public hurle pour appeler les chanteurs. Au loin, dans le noir complet de la salle, nous parvient enfin un petit air de guitare. Pour son entrée sur scène, le groupe avait choisi d’interpréter la première chanson de leur tout premier album Elisa ( Album Zarbos sorti en 2005), enchaînée à la première chanson du dernier album, Toujours à côté. Poésie et douceur se dégagent de cette entrée, feeling et simplicité sont au rendez-vous. L’ambiance est sereine et très vite, l’impression d’être en compagnie de deux amis se dégage de l’atmosphère générale. Si leur nouvel album parle des petits moments de vie, de ces instants passés entre amis, de ces amours heureuses ou malheureuses, de ces regards que l’on pose parfois sur les gens, de ces coups d’œil en arrières que l’on jette par-dessus l’épaule, les chansons issues des précédents albums apparaissent bien plus contestataires, engagées et politiques. Dans la lignée de Tryo, le duo pose sur des rythmes cadencés à la limite du reggae, son regard ironique et sarcastique sur la société et son fonctionnement autant que sur la politique, comme en témoignent les chansons Réguler, Medef, ou l’Interprétation, jouées ce soir. Là, on retrouve également et avec beaucoup de plaisir, son  écriture mordante et piquante des Wriggles d’où sont issus les deux frères Volovitch. Avec humour et autodérision, se rapprochant toujours un peu plus de leur public, ils présentent leurs titres, l’occasion pour eux d’expliquer leurs références, leurs influences, l’origine de leurs chansons, notamment pour Olivier le philosophe dont l’inspiration amène à voyager au travers de Roland Barthes ou François Villon.

In fine, l’on passe un moment délicieux, emprunt de rire – avec les titres C’est pas tout ça (mais quand est-ce qu’on baise…), T-Abuses, et Aucun doute- de tendresse -grâce à Fiston, Tu connais, ou Grand Frère- de poésie -avec T- es Belle, Sous le Feu, l’Amoureux- et de fraîcheur avec Sans Rire, ou 17 ans. L’univers de Volo revêt donc plusieurs facettes, une diversité attrayante tant dans la musique que dans les thématiques évoquées par les textes et dans laquelle tout le monde est susceptible de pouvoir se retrouver, réunissant d’ailleurs un public intergénérationnel. Si les chansons s’enchaînent rapidement, le rythme du concert reste allant, sans empressement, posé et doucereux. Le public ne s’y trompe pas puisqu’il ovationne littéralement les chanteurs. L’entièreté du public de l’Olympia applaudit à tout rompre. Debout, il rappellera VOLO par trois fois sur la scène. Ceux-ci nous gratifierons donc de trois bis à la demande expresse du public. On retient notamment le titre J’ai r’trouvé (ma boulette) qui tout comme 17 ans évoque la nostalgie des années jeunesse, et Allons enfants, inspirée de la Marseillaise, la chanson qui apparaît calme au début revêt un véritable caractère rock à la fin qui emporte et enivre véritablement. Seul point noir de ce concert et non des moindres puisque cela est désormais devenu récurrent même dans les salles de concerts les plus connues, la balance et les mauvais réglages de l’ingénieur du son. Trop de basses tuent les basses, et surtout tendent à alourdir la rythmique et rendent parfois le texte inaudible, en particulier dans les passages mélodiques ainsi que dans les douces ballades.  Néanmoins, l’on ressort de ce concert le cœur léger, vivant et pleinement heureux. Volo, un groupe à suivre…

Visuels (c) : Marie-Charlotte Mallard

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Les Trois Baudets
Théâtre des Champs Elysées
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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