Chansons
« Paris Mélodies » à la Philarmonie : une ode chic à la capitale française

« Paris Mélodies » à la Philarmonie : une ode chic à la capitale française

28 septembre 2015 | PAR Géraldine Bretault

La Philharmonie de Paris n’a pas pour seule vertu de décentrer la carte des scènes classiques parisiennes. Son cahier des charges exigeait aussi une salle modulable, dont l’acoustique se prête aux musiques acoustiques comme réverbérées. Le concert Paris Mélodies était l’occasion vérifier si la salle tient bien ses promesses dans cette configuration.

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Lorsque les portes de la Grande Salle ont ouvert pour accueillir le public, l’atmosphère était déjà saturée de fumigènes comme pour un concert de rock digne de ce nom. L’estrade où se tient d’ordinaire l’orchestre était escamotée, accueillant des fauteuils supplémentaires au parterre, tandis que les rangées de gradins du fond de la salle avaient disparu pour loger la scène et les projecteurs. La « canopy », ensemble de réflecteurs mobiles destinés à réverbérer les musiques acoustiques, avait regagné sa position haute, afin de dégager l’espace sonore.

Mais place à la musique : contrairement à ce que pouvait laisser craindre le titre, l’ambiance n’était pas à la nostalgie fleurant bon la naphtaline, ni au bal musette. Sous la houlette de l’original Fred Pallem, émule du voisin CNSM de Paris, en classe de jazz, l’orchestre « Le Sacre du Tympan » (tout un programme !!) accompagnait de tout son éclat sept interprètes venus chanter trois titres (deux pour Yael Naïm) parmi leurs chansons préférées sur Paris.

Après un bref discours d’accueil, Fred Pallem est resté très discret, laissant chaque artiste installer son propre contact avec le public. Tous avec leur présence singulière ont pu se produire accompagnés d’un orchestre au complet, riche de percussions, cordes et cuivres, jouant parfois eux-mêmes d’un instrument (guitare pour Sanseverino, piano pour Yael Naïm), dans une sorte de mini-concert tour à tour intime ou enjoué.

À l’exception peut-être de Sanseverino, qui jouait les chauffeurs de salle devant un public déjà conquis, rompant avec l’ambiance intimiste créée par ses homologues, les artistes ont laissé filtrer chanson après chanson leur amour indéfectible pour Paris, donnant furieusement envie d’aller redécouvrir les berges de la Seine – avec un Philippe Katerine d’humeur facétieuse et causeuse -, ou chercher à retrouver l’ambiance malfamée du Pigalle d’antan avec un Bernard Lavilliers vêtu de cuir noir et col mao rouge.

Une mention spéciale pour Vincent Delerm et sa reprise poétique du Poinçonneur des Lilas, et pour la fragile Yael Naïm, dans une magnifique interprétation de L’Hymne à l’amour de Piaf. Non sans avoir confié à son public, que si ce titre ne contenait pas le mot Paris, cette chanson en particulier incarne son rapport à la capitale française, qu’elle a mis quatre ans à aimer après l’avoir d’abord éprouvée dans une relation d’amour-haine.

La folkeuse Mina Tindle a également séduit l’audience par son énergie, passant avec aisance de Joni Mitchell à Alain Souchon, qui dans C’est déjà ça, rêvait tout haut que « son pays se soulève ». Un titre qui lui a valu un tonitruant « Merci ! » lancé par un admirateur anonyme dans la foule.

Après un intermède d’Adrien Moignard à la guitare classique, dont le jeu virtuose a pu s’égrener vers les cieux sous la hauteur de la Grande Salle, Fred Pallem a repris le micro pour annoncer le dernier morceau : un instrumental adapté par ses soins à partir du thème de Mancini pour Charade. Un sans faute, clos par un salut collectif où ne manquait que Philippe Katerine.

Le tout servi avec une acoustique décidément exceptionnelle… Vive Paris ! Et vive la Philharmonie !

 

 

Visuels @ Fred Pallem @ Sylvain Gripoix

Infos pratiques

Musée National Gustave Moreau
Opéra National du Rhin
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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