Chansons

Olivier Py « Quand un homme met une robe, il envoie une bombe sur le patriarcat »

Olivier Py « Quand un homme met une robe, il envoie une bombe sur le patriarcat »

30 janvier 2018 | PAR Yaël Hirsch

Miss Knife est de retour, l’égérie des bas fond aux chants profonds imaginée par Olivier Py chante ses « Premiers adieux », les 2, 3, 9 et 10 février 2018, à 23 heures au Théâtre de L’Oeuvre. L’acteur, metteur en scène et directeur du Festival d’Avignon transformé en femme nous livre quelques exclusivités sur ce nouveau tour de piste. 

Une « créature de rêve » peut-elle faire ses adieux ? Et n’a-t-on pas plus que jamais besoin de Miss Knife à l’heure du #meetoo, c’est-à-dire à un moment où le genre et la liberté sont des questions qui nous passionnent plus que jamais ?
Les adieux, c’est une formule de communication. Evidemment je ne m’arrêterai jamais. Le rôle politique de Miss Knife est devenu plus évident aujourd’hui. La revendication politique LGBT n’était pas aussi forte il y a trente ans quand Miss Knife a commencé à se produire. C’est devenue une question de société…

Miss Knife peut-elle apporter un angle nouveau, un vent de fraîcheur sur cette question de société ?
J’aimerais bien apporter de la fraîcheur mais je n’ai plus vingt ans. En revanche Miss Knife peut apporter de la profondeur. Depuis le début, elle témoigne sur le fait qu’il faut en finir avec la violence du patriarcat. Quand un homme met une robe, il envoie une bombe sur le patriarcat. C’est formidable parce que cela continue à mettre en colère les gens. Quoi de plus innocent que de mettre une robe à paillette et de chanter des chansons ? Et pourtant, cela rend encore les gens furieux. Ils le prennent comme une attaque contre leurs certitudes, contre leur enfermement. Et aussi comme une mise en cause de leurs pouvoirs et leurs privilèges

Elle seront belles les robes des Adieux de Miss Knife?
Miss Knife aura des robes extraordinaires, des tenues en paillettes dorées ou des costumes arlequin… Mais je crois que je vais finir le spectacle en satin noir…

Les adieux passeront-ils par Avignon ?
Non. Tant qu’Olivier Py est directeur du Festival d’Avignon Miss Knife, n’est pas invité elle a été invitée autrefois deux fois avec mes prédécesseurs deux fois, dont une fois avec Laure Adler sur France culture. Mais je ne la fais pas venir parce qu’être Directeur du Festival d’Avignon, c’est très éprouvant et je ne pourrais pas tout faire à la fois. Monter une pièce oui, si je finis les répétitions avant le festival tout va bien, mais être sur scène en même temps, c’est impossible.

Miss Knife fait ses adieux plusieurs soir à 23h, elle apprécie ce créneau nocturne  pour son chant du cygne ?
C’est très bien pour Miss Knife, elle se réveille à 16h  et elle sort du lit à 18h. Etre sur scène à 23h c’est très bien pour elle, c’est sa temporalité.

Vous avez plusieurs spectacles à l’affiche en même temps, donc le Dialogue des Carmélites au Théâtre des Champs-Elysées. Poulenc et le « Tango du Suicide » sont-ce deux aspectas opposés de vous?
Oui et il y a aussi Le cahier noir au 104. Ce sont des œuvres qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, si ce n’est que Miss Knife c’est du chant, Miss knife c’est du théâtre chanté. C’est l’amour du chant et des chanteurs qui fait que je fais de l’opéra. C’est vrai que les histoires sont un peu différentes mais on ne peut pas dire que ce soient deux dimensions « opposées ».

Il y aura des invités pour les Adieux de Miss Knife ?
Oui. Il y aura des invités notamment les créatures du cabaret Madame Arthur qui viendront partager le plateau un peu avec moi. Il y avait aussi la merveilleuse Arielle Dombasle et la tout aussi merveilleuse Jeanne Plante. Toutes ces créatures de rêve me rejoindront sur scène. Un des bonheurs de la scène c’est d’avoir des invités sur un plateau.

visuel : (c) Rebecca Greenfield

J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce mise en scène par Chloé Dabert.
A Avignon, des Dialogues des Carmélites qui laissent songeurs
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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