Chanson
[Live report] Les poètes bénis de Feu! Chatterton illuminent le Silencio

[Live report] Les poètes bénis de Feu! Chatterton illuminent le Silencio

05 juin 2014 | PAR Yaël Hirsch

Après un passage remarqué par les « Inouïs » du Printemps de Bourges, une victoire au festival chorus, un focus dans les inrock lab , une première partie de Fauve au Bataclan et une Gaîté Lyrique cette semaine, les dandys de Feu! Chatterton ont laissé hier soir traîner leur français poétique et émouvant, sur riff de guitare électrisant sur la scène intime du Club Silencio de Paris. Un concert plein de mots, de sentiments et de fantômes musicaux. 

[rating=5]

Dandys jeunes et pourtant chargés de siècles d’histoire, les garçons de Feu! Chatterton entrent en scène assez lookés. Arthur, le chanteur, est absolument fascinant avec ses yeux bleus perçants, sa moustache fine de Lord Bummel, son costume 3 pièces et sa gestuelle ultra-réaliste à la Aristide Bruant. Quant à sa voix, grave et ses mots traînants et gras, elle est tout simplement bouleversante et ne peut pas ne pas rappeler Bashung. Sauf qu’elle s’emballe parfois, dans une performance bien de notre époque, que le public applaudit comme un solo de guitare.  Les guitares électriques enveloppent les mots poétiques, appuyés et parfois un peu surannés des textes magnifiques de ces jeunes poètes.

En deux ou trois chansons, le groupe pose en douceur une ambiance mélancolique d’amours malheureux et de Ferry désertés sous la pluie : « Du ciel tombent des cordes / Faut-il y grimper ou se pendre / Sur le pont du Concorde / Cinq étoiles dans la nuit sont mortes. » Le public n’ose plus respirer pour mieux happer les mots. Le chanteur nous enjoint à danser un slow. Et en fait on a plutôt envie d’être seul avec cette musique et ces images de paroles qui résonnent. Pointe d’humour pour introduire leur morceau de bravoure : « La mort dans la pinède », Arthur fait référence à une première fois dans les bois, qui n’aurait pas été réussie. La mélancolie devient résolument érotique et quand le groupe termine avec le titre écoutable sur leur Soundcloud, « Bic medium », les fantômes de Gainsbourg et Bashung sont bel et bien présents, ce mercredi 4 juin, au Silencio : « Glisser un ongle / Sous ta robe longue / Rouge à ta bouche rose / Glisser un mot à ton oreille / Ad Vitam aeternam« . On en sort avec la chair de poule et avons hâte de les revoir en scène.

A noter, les Feu! Chatterton ont un Kiss Kiss Bank Bank en cours pour financer le pressage de leur EP de 4 titres, déjà finalisé !

Visuel : (c) photo officielle (facebook + compte twitter de Feu! Chatterton)

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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