Chanson
[Live report] Daphné : le lâcher d’une délicate fauve à la Cigale

[Live report] Daphné : le lâcher d’une délicate fauve à la Cigale

08 avril 2014 | PAR Yaël Hirsch

Ce lundi 7 avril, la chanteuse Daphné était sur la scène de la Cigale avec ses quatre musiciens et un nouvel album à présenter à son public, La fauve (naïve). Libérée du répertoire capiteux et tragique de Barbara, c’est une Daphné mutine, à robe courte et fluide en plusieurs langues que nous avons retrouvé, dans un répertoire toujours plus vaste et toujours plus alerte avec sa voix magique. Un très beau moment de chanson.

[rating=5]

Daphne-la-fauveEntrée sur scène un peu avant neuf heures, frange toujours présente à l’appel, Daphné avait presque des airs de rockeuse dans sa robe noire courte au dos complètement décolleté. Si les transitions sont toujours chuchotées d’une voix grave sur scène et si la lumière est toujours tamisée au maximum, on sent tout de suite une énergie nouvelle, une autre Daphné, plus heureuse, plus sautillante et qui communique une énergie infinie. La voix, toujours aussi émouvante, n’a fait que progresser, encore et encore depuis la dernière fois que nous l’avons vue sur scène, aux Francofolies de La Rochelle, dans ses reprises des titres de Barbara. Munie des titres multilingues de son dernier opus, La Fauve, la chanteuse irradie de joie d’être sur scène. Et elle se lance avec ses quatre musicien dans un slalom irrésistible entre les titres de son  nouvel album et ses « tubes plus anciens », revisitant avec une liberté communicative tout son répertoire. Sagement assis, le public taraudé par l’envie de suivre la guitare un peu orientale qui soutient la voix de la fée et de se mettre à danse.

Un petit « Rocambolesque Morocco » et c’est parti… Mais Daphné nous rejoue aussi certain très beaux morceaux de son deuxième albim, Carmin comme « Big Daddy Boy » ou de Bleu Venise comme le sublime « Mélodie à personne ». Voguant avec délectation en eaux trouble, sans jamais oublier de mettre en avant à la moindre occasion ceux qui l’accompagnent, Daphné, chante aussi le « Marienbad » de Barbara, en version bien plus rock que l’an dernier. Elle joue une heure d’affilée, fascinante et hypnotisant ton public qui ose à peine aêr dans ses mains, de temps en temps, pour ne pas perdre un vibrato précieux de sa voix.

Et après le salut, la chanteuse offre facilement 20 minutes de bonus à ses fans avec quatre reprises magnifiques et extrêmement optimiste : elle commence avec ce qui reste à ce jour sa plus belle chanson « Mourir d’un oeil » la voix à nu à peine soutenue par un peu de clavier et de cordes, puis elle rebondi sur le joyeux et presque naïf « Strabisme des jours heureux » issu du nouvel album auquel elle adjoint le léger air à la Ductronc : « Où est la fantaisie ? ». Et, comme coup de grâce et final ultime, seule avec son clavier, elle reprend « Somewhere over the rainbow » de sorte que sa voix hante son public pour le reste de la soirée.

Chapeau bas à la joyeuse dame brune qui est encore plus émouvante et encore plus pro à chaque concert.

Visuel : (c) pochette de La Fauve de Daphné

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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