Chansons
[Live Report] Alexandra Gatica envoûte Madame Arthur

[Live Report] Alexandra Gatica envoûte Madame Arthur

12 décembre 2016 | PAR Camille Hispard

Après être passée par le groupe 26 Pinel et avoir offert beaucoup de belles soirées dansantes avec le collectif l’Ultra Bal, Alexandra Gatica poursuit sa route poétique. Le 6 décembre, elle nous offrait un concert dont la chaleur exotique a réchauffé nos carcasses parisiennes grignotées par le froid.

Alexandra Gatica chez Madame Arthur

Ni pouvoir magique, ni hypnose. Si Alexandra Gatica a bel et bien envouté Madame Arthur, c’est par sa voix suave qui semble surgir d’un écho lointain. Madame Arthur n’est pas une vieille femme mystérieuse… C’est le nom du cabaret transformiste créé en 1946 à Pigalle et qui a rouvert, pour notre plus grand plaisir, en 2015 sous l’impulsion de l’équipe du Divan du Monde.

Dès lors qu’on franchit la porte de ce lieu à part, on se sent traversé par les époques, côtoyant les fumoirs crasseux ou des poètes chahutent avec des travestis en boa. Un petit vent d’épopées fantastiques nous séduit. Le rideau rouge en velours s’habille d’étoiles lumineuses pour recevoir deux pépites.

Alexandra Gatica entre en scène accompagnée de la gracile et talentueuse Lola Malique au violoncelle. L’interprète aux origines rocailleuses chiliennes entame son tour de chant par un reggae nostalgique : « l’Abri ». Guitare électrique enlacée et voix légèrement brisée, Alexandra Gatica plante le décor. Celui d’un road movie dans des déserts chiliens où la nostalgie est douce et franche comme une vague salée du Pacifique. Bien sûr, parfois, l’Océan est violent, libre, et l’interprète à l’humour décapant ne manque pas de nous le rappeler. Les deux pieds bien ancrés dans la Terre, elle chante « Le Retour de la Reine », titre empli d’espoir presque révolutionnaire : une vraie guerrillera de l’amour !

Les harmonies entre les deux voix des instrumentistes sont précises et donnent une très belle dimension aux morceaux. Chloé Girodon rejoint la scène à la basse, puis au violoncelle pour un duo de cordes absolument sublime. On retrouve avec plaisir les titres « Avant que je ne tombe » ou « Mon Cher Amour », qui illustrent bien la malice et la sensibilité de l’écriture d’Alexandra Gatica. Entre les accords de charango, les poèmes improvisés d’Armelle Dumoulin et les instants suspendus sur la Cordillère des Andes, Alexandra Gatica nous a emmené loin. Coupé du monde et des cases musicales. Un bien beau moment.

Pour suivre l’actualité d’Alexandra Gatica, rendez-vous sur son Facebook ou sa page officielle. A savoir qu’elle sera en concert le 20 janvier 2017 à la Manufacture Chanson.

Crédit Photo © Thomas Bader

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