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(Chronique) Super 8 // Guillo : une plume sensible qui vogue sur les rides d’une vie filante

(Chronique) Super 8 // Guillo : une plume sensible qui vogue sur les rides d’une vie filante

29 avril 2013 | PAR Camille Hispard

 

Guillo dévoile Super 8, un premier opus délicat dont les douces mélodies oscillent entre les thèmes de l’enfance nostalgique, du temps qui file à toute allure et de la chaleur des moments partagés.

On entame la dégustation musicale que propose Guillaume Galiana alias Guillo avec la chanson Dix doigts demain. Un petit côté Renan Luce nous saute immédiatement aux oreilles : tant dans la douceur chaleureuse de la voix que dans le côté rieur et espiègle des propos. Le riff de guitare entêtant s’embarque sur une percussion puissante et l’enfant rêveur entame ses récits. « Et toi qui rêve encore entre mes bras. Toi qui t’endors contre mon sein. Que feras-tu de tes dix doigts ? » L’avenir, l’enfance, le sablier du temps, le fait de grandir et vieillir sont des sujets qui accompagnent ces rythmes entrainants et ensoleillés. On flâne sur cet opus comme on feuillette un album de photos de famille, nostalgique et plein d’espoir. On ressent comme un petit pincement au cœur à la vue de ces images en noir et blanc qui mélangent l’idée du regret du passé à une profonde ode au bonheur simple. Comme une mère enroulant son enfant contre son sein, on se sent envahi par une chaleur protectrice et enivrante. De même que les mélodies, pas révolutionnaires et parfois un brin répétitives, ont quelque chose de rassurant. Un petit bout de chez soi sur des négatifs abîmés comme dans Super 8 : « C’était eux, c’était nous, y’a des bobines Super 8 qui s’en souviennent. » Une guitare assez acoustique sublimée par cette voix râpeuse et sucrée d’un Guillo sensible.

Si j’étais Marty Mc Fly est l’emblème de cet album sous forme de grosse madeleine de Proust que l’on trempe pour se réchauffer le coeur, pour se faire du bien et du mal à la fois. Une plongée profonde dans les méandres des souvenirs candides de gosse, d’un être qui vit et qui grandit. Marty Mc Fly qui rembobine son passé pour revoir son grand-père : « juste pour l’entendre parler, juste pour l’entendre râler. » Des envolées lyriques soutenues pas de jolis ponts mélodiques simples et efficaces.

L’univers de Guillo est comme un doux après-midi d’été caniculaire sous les pins, sur lequel se balade son regard espiègle et délicat. Le temps qui passe le poursuit de façon extrêmement touchante dans ce disque.

Une maladresse émouvante se dégage de la chanson Comme un pied : « je voudrais t’aimer comme les perruches, les inséparables. Comme une abeille, sa reine, sa ruche, comme la vague aime le sable […] Je t’aime comme un taré, tu le sais, mais je t’aime comme un pied. »

La très rythmique chanson Les jouets mécaniques est l’une des plus réussies de cet album. Guillo s’y amuse à faire rebondir les syllabes comme ces petits jouets qu’on remonte et qui s’activent. Sa voix fixée sur la mécanique survoltée évolue sur des rythmes quasi tribaux encouragés par un violon endiablé. Un titre percutant qui fait taper du pied sur le tic tac des percussions.

Super 8, un album idéal pour les beaux jours qui arrivent, nous laissant un parfum nostalgique et léger à la fois, et quelques mélodies bien senties en tête !

Visuel (c) : pochette d’album.

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Camille Hispard

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