Chansons

[Chronique] « Dans la peau » de Camelia Jordana

[Chronique] « Dans la peau » de Camelia Jordana

23 octobre 2014 | PAR Jean-Christophe Mary

En 2009, la révélation du tremplin télévisuel « La Nouvelle Star » fait déjà figure d’ovni avec sa voix singulière sur le « What a Wonderful World » de Louis Armstrong. Après un premier album éponyme paru en 2010, Camelia Jordana revient ces jours ci sur le devant de la scène et devrait s’imposer un peu plus dans le paysage grâce à l’excellence de ces nouvelles chansons.

Autant dire que cet album fait figure de soleil printanier au milieu de la production grisâtre entre pop bricolée et techno sombre des gens de sa génération. La jeune femme âgée aujourd’hui de 22 ans est folle amoureuse de mots, de sons et cela se sent. A l’évidence, on la sent obsédée par la magie, l’émotion que procure l’écoute d’une chanson, tout autant que le son ou le concept même d’un album. Sur des accords d’accord d’orgue et de délicats pizzicatos de cordes, l’album débute l’émouvante déclaration d’amour « Comment lui dire » et se conclue en douceur acoustique sur le mélancolique « Berlin ». On l’a vite compris : la chanteuse s’est envolée vers un autre monde musical. Exit les titres twist léger et néo yéyé des débuts, on découvre un répertoire plus mûr, plus abouti, où se mêlent spleen jazzy de chanson electro réaliste et de fanfare pop. Produit par Babx, cet album révèle des titres élégants et racés, des compositions mâtinées d’orgue, guitare jazz, de cordes, cuivres et autres instruments de fanfare qui dérouteront à coup sûr les fans du premier album. Mais au fil des écoutes, on pousse les portes de ces chansons exigeantes avec un bonheur non feint. Les arrangements sont en prises directe avec la réalité comme ce titre a cappella (« j’aime l’orage »), les tonlaites peuvent être parfois inquiétantes (« A l’aveuglette ») voire introspectives (« Ma Gueule ») mais finissent par éclater en couleur sur le jazzy (« Dans la peau »). De bout en bout, ce timbre de voix unique est toujours aussi enfantin et fascinant. Autre changement, Camelia signe les textes et c’est la deuxième bonne surprise: les mots  se fondent parfaitement aux mélodies avec une certaine pudeur qui caractérise l’univers décalée romantique de l’artiste. Si l’univers et le ton sont plus mélancoliques, soulignons que deux titres nous remontent à la surface comme deux bonnes bouffées d’oxygène. D’abord « Dans la peau » et « la Fuite », comptines littéralement envoûtantes avec leurs basses ondulantes, l’ orgue sautillant, leurs cordes obsédantes qui viennent en contrepoint. Bref ce nouvel essai est une réussite et confirme tout le bien que l’on pensait déjà d’elle.

Déjà dans les bacs, chez Sonny depuis le 15 septembre, Camelia Jordana sera en concert le 15 DECEMBRE au Bataclan. 50 bd Voltaire, 11 e. Tél. 01 43 14 35 35.

Jean Christophe Mary

Visuel : pochette de l’album

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