Musique

Cabaret Terezin : encore deux représentations exceptionnelles au Théâtre Marigny

18 février 2010 | PAR Yaël Hirsch

Pour la première fois en France, un spectacle nous livre dans notre langue les trésors du cabaret composés dans le camp de Theresienstadt, où ont d »abord été envoyés la plupart des grands artistes juifs européens déportés. Des trésors inestimables que Sergueï Dreznin, Isabelle Georges, David Krüger et Olivier Ruidavet font revivre pour un public volontiers composé de collégiens.

Ouvert pour les juifs les plus renommés ou les plus âgés après la conférence de Wannsee, le camp de Theresienstadt a servi de vitrine ou de camp-modèle aux nazis pendant la guerre. la Croix Rouge est même venue le visiter au début de l’année 1945 alors qu’il avait été soigneusement transformé en camp idéal. Le spectacle écrit par Josette Milgram n’oublie jamais de rappeler que l’on mourait de faim et de fatigue à Terezin et que les convois pour Auswchitz y étaient réguliers. Le spectacle suit le fil rouge de l’histoire d’Alexander Waechter ouvrant une valise longtemps restée dans le grenier afin de retracer la vie de son grand oncle Raimund mort dans le camp où il avait été déporté pour avoir épousé une juive. Peu de textes et beaucoup de chansons, constituent ce « Cabaret Terezin ». Parmi les numéros, les airs qui sont restés du camp  comme « Une valise raconte » (Ilse Weber), « La marche de Terezin » (Karl Svenk), « Le fond  reste musical »  (Fred Raymond) ou « Ce bon vieux cabaret » (Frida Rosental).  A un moment, l’on entend même le « St Louis blues » interdit partout en territoire nazi comme « art nègre » mais joué à Terezin.

Tous les textes sont traduits de l’allemand en français sauf deux (on peut entendre un morceau en tchèque et un autre en allemand, mais rien en yiddish), si bien que le public comprend immédiatement à quel point, alors même que rôde une mort souvent  évoquée, l’humour et le désir de vivre ont continué à irriguer la formidable création artistique qui a eu lieu dans le camp (une centaine de spectacles et conférences en trois ans).  A l’image de l’empereur d’Atlantis de l’opéra de Viktor Ullmann composé  dans le camp, c’est en chantant que les juifs de Thersienstadt exprimaient leur « refus de mourir ».  La charge émotionnelle d’interpréter des œuvres composées par des auteurs qui se savaient condamnés est parfaitement portée avec leur étoile jaune a veston par les quatre immenses interprètes du spectacles. Chanteurs hors pairs, danseurs,  et acteurs, Isabelle Georges, David Krüger et Olivier Ruidavet nous  font parfois rêver que l’on n’est plus à Theresienstadt mais à Broadway. Seul instrument pour les soutenir, le piano de Sergueï Dreznin est tout simplement magique.

« Cabaret Terezin » se donne encore deux fois pour le grand public au Théatre Marigny : le 8 mars et le 10 mai à 20h30.

Les collégiens et lycéens  peuvent assister à des séances spéciales les mardi 16 février à 15h, jeudi 18 février à 15h, lundi 8 mars à 15h et lundi 10 mai à 15h. Pour réserver pour  votre classe : [email protected]

« Cabaret Terezin », dialogues Josette Milgram, oeuvres de Ilse Weber, Léo Straus, Frida Rosental, Karel Svenk, Walter Lindenbaum, Kopper… , piano et arrangements : Sergueï Dreznin, avec  Isabelle Georges, David Krüger et Olivier Ruidavet, Théâtre Marigny, le 8 mars et le 10 mai à 20h30, Carré Marigny Paris 8e, m° Franklin Roosevelt,  18-40 euros ( pour mes représentations jeunes : 5 euros) infos et réservations : [email protected]

Facebook de l’évènement ici.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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