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Blunt Force Trauma de Cavalera Conspiracy, un come-back décevant…

Blunt Force Trauma de Cavalera Conspiracy, un come-back décevant…

31 mars 2011 | PAR Vincent Brunelin

Refroidi par Inflikted, le premier album du combo paru en 2008, on était en droit d’attendre un sursaut de la part des frangins Cavalera. Encore un coup d’épée dans l’eau, car force est de constater que ce Blunt Force Trauma manque cruellement d’inspiration, malgré les efforts sur la production. 11 chansons, 30 minutes et puis s’en vont…

C’est en quelque sorte un second come-back auquel on a  droit avec ce nouvel opus. Trois ans ont passé depuis la sortie d’Inflikted, qui marquait la réconciliation tant espérée de Max et Igor après plus d’une décennie de brouille suite au départ de ce premier de Sepultura en 1996, parti ensuite fonder son projet world/néo metal Soulfly.

Cavalera Conspiracy revient donc avec un line-up légèrement rafraîchi, Joe Duplantier de Gojira cédant sa place à Johny Chow qui était à l’origine leur bassiste de tournée. Logan Mader (ex-membre fondateur de Machine Head et passé par Soulfly) est une nouvelle fois en charge de la production, pour ce qui est quasiment la seule chose à mettre au crédit de ce disque.

Blunt Force Trauma frappe tout d’abord par sa durée, digne du format punk : 34 minutes et 11 titres ne dépassant pas pour la plupart les 3 minutes. Étonnant pour une galette metal de nos jours. Le groupe a vraisemblablement souhaité aller à l’essentiel et dépouiller ses compos de leur superflu. Soit.

L’album s’ouvre sur « Warlord », un titre mid-tempo à la rythmique de plomb. Le riff lourd qui introduit la chanson a déjà été entendu mais se révèle somme toute efficace et le chant caverneux de Max est bien présent. Une honnête mise en bouche, prompte à aiguiser l’appétit vorace du metalleux. La suite va malheureusement nous laisser sur notre faim. Les plans désespérément stéréotypés et les gimmicks mille fois rebattus s’enchaînent, ponctués ça et là de soli insipides (le gratteux Marc Rizzo nous avait habitué à plus d’originalité chez Soulfly, dans Prophecy et Dark Ages notamment). On oublie très vite le death simpliste de « Torture », le penchant hardcore de « Lynch Mob » (sur lequel est convié Roger Miret, leader du groupe new-yorkais Agnostic Front), le heavy mou du genou de « Killing Inside » ou encore le thrash entrecoupé de refrains poussifs avec le bien nommé « Trasher ».

Mais la plus grande déception vient sans aucun doute des parties de batterie du sieur Igor Cavalera. Comment imaginer que celui qui fut l’un des plus grands batteurs metal des années 80/90 officie bien derrière les fûts sur cet opus ? Son jeu s’avère d’une grande pauvreté, totalement dépourvu de l’énergie et des breaks ravageurs qui faisaient sa force à l’âge d’or de Sepultura. À croire que le bonhomme était sous Prozac ou qu’on lui avait greffé des mains en bois lors des sessions d’enregistrement…

L’album se poursuit sur des titres un peu plus convaincants (si on met de côté les médiocres « Target » et « Genghis Khan »). En particulier l’entraînant « I Speak Hate » qui annonce des mosh pits endiablés. Et même Igor semble retrouver son punch sur les très énervés « Burn Waco » et « Rasputin ». Blunt Force Trauma s’achève comme il avait commencé, sur une lueur d’espoir. Grâce au titre éponyme, probablement le plus abouti du disque, qui délivre un riff final enfin mélodique joué sous la forme d’une boucle entêtante.

Serait-ce l’album de trop pour les Cavalera ou une simple erreur de parcours ? Difficile à dire, mais le refus de trancher entre le Sepultura des débuts et le Soulfly plus récent conduit en tout cas à une impasse musicale, symbolisée par ce mélange peu inspiré et finalement impersonnel.

Cavalera Conspiracy sera en concert au festival Hellfest, et le 20 juin prochain dans une salle encore à déterminer (en raison de l’incendie qui a ravagé l’Elysée Montmartre).

 

Cavalera Conspiracy, Blunt Force Trauma, Roadrunner Records, 2011.

 

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