Musique
Benjamin Biolay déchire l’espace temps salle pleyel

Benjamin Biolay déchire l’espace temps salle pleyel

02 octobre 2016 | PAR Bérénice Clerc

Septembre lendemain d’équinoxe, réouverture de la salle Pleyel, la foule est dense devant la salle, âges multiples, looks variés, discussions enthousiastes, l’automne est là, les joies du soleil demeurent sur les visages caramels. Benjamin Biolay ouvre le bal avec son délicieux « Palermo Hollywood ».

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Fouilles méticuleuses des sacs, corps palpés par femmes aux mains gantées, étranges sensations, inconfort, illusion de sécurité confortable, rien n’est laissé au hasard en mémoire de novembre 2015.

Pas besoin de permis pour être debout face à la scène, la foule se presse, quelques sièges assis, les balcons pleins, la salle est neuve et comble

Les musiciens entrent, cordes, soprano et ténor ouvrent l’espace et plongent les spectateurs  dans un délicieux bain chaud à Palermo Hollywood.

Le dernier album de Benjamin Biolay, ondule au rythme de la cumbia latina, arrangements précieux ourlés d’or dont il a le secret. Il enfile les pierres précieuses de l’album une à une avec fantaisie, délicatesse et sincérité à fleur de peau.

La joie demeure du début à la fin du concert, les cinq premiers rangs ondulent leurs corps, les femmes surexcitées, crient, parlent à Benjamin Biolay. Séducteur, crooner, il n’hésite pas à onduler son corps en regardant les demoiselles, chacune pense qu’il chante juste pour elle !

L’album comme un beau livre, l’album se déroule, chanson après chanson, l’argentine défile teintée de ciel parisien.

Les cordes sont chaudes, elles colorent l’espace, avec les basses, les guitares, les percussions, la musique tourne bien. Benjamin Biolay est chanteur, il chante pour ses copains, le monde entier l’acclame, il est comme à la maison, chanteur de charme, tireur de battements de cœur.

Une chanteuse vient l’accompagner en espagnol, robe et danse endiablée. Chiara Mastroiani de noir vêtue vient chanter plusieurs titres. La foule chante, danse, hurle les bras en l’air, les mains claquent, les briquets s’allument, à l’ancienne, la fusion scène, salle est totale.

Donner de soi, offrir un regard sur le monde, le sublimer, déchirer l’espace temps, rendre le réel plus beau, l’habiller de notes et de mots pour oublier les maux, Benjamin Biolay a réussi sa mission.

Sous la peau il y a la vie, chaque pore dégage une odeur de désir, un plaisir partagé avec la foule.

Après Palermo Hollywood il revisite son passé musical au présent, conjugue le temps au moment d’ici et maintenant, chante des tubes de l’affaire Louis’trio avec qui il collabora comme un hommage à Hubert Mounier mort il y a peu.

Crooner forever, Pin-up masculin, Benjamin Biolay fait le show, sensuel et dansé, intellectuel et swingué, jusqu’à l’extase final des saluts heureux d’avoir vécu quelques heures plus intenses  dans un monde à la renverse.

« Négatif », traces musicales et photographiques sur téléphones numériques, « La superbe » , si bien nommée, «  Padam » comme une gifle du vent salé de notes et de cris, puis la lumière doit s’allumer pour révéler le réel loin des papiers glacés et de l’argentine sublimée.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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