Musique
Avishaï Cohen fait vibrer l’Olympia

Avishaï Cohen fait vibrer l’Olympia

20 octobre 2011 | PAR Sixtine de The

De retour sur la scène de l’Olympia où il s’était produit avec succès en avril dernier, Avishaï Cohen a livré hier un condensé de vitalité virtuose.

Ils arrivent tous les trois, Avishaï Cohen à la contrebasse, Shai Maestro au piano et Itimar Douri à la batterie. Leur complicité fera tout le spectacle, attentif à la vibration de l’autre, soucieux de s’écouter, de s’entendre, de se céder place. On commence par quelques blagues, of course, quelques clins d’œil au public qui s’allume de plus en plus au gré de la musique. Avishaï est trop content d’être ici, tellement fier, dit-il, de se sentir baigner dans les eaux troubles des grands artistes. Authentique, il dédie une chanson à sa « fiancé » (flot de jalousie dans la salle), une autre à sa maman, qui l’aidera à tenir jusqu’au bout. Ils s’avancent en riant pour saluer, un peu hallucinés du vacarme des applaudissements, une main gratifiante sur le cœur, l’autre sur le front, carrément interloqués.

Le groupe a joué essentiellement des morceaux de son dernier album Seven Seas (Blue Note/EMI, sorti en février 2011,  voir notre critique), avec des pièces comme Dreaming, Halah, Seven Seas, Ani Aff… Un accent nomade, engourdi du voyage, avec des mélodies langoureuses qui cèdent ensuite la place à des passages plus virtuoses. Les musiciens se répondent, jouent les uns avec les autres : c’est le moment du piano, puis de la contrebasse, ou encore de la batterie de s’engouffrer seul dans un rythme qu’il déstructure en improvisant. Chacun son heure, jusqu’au relâchement final où les trois instruments s’accordent pour respirer avant la fin du morceau. Des passages vibrants où la voix Avishaï Cohen se confond en méditations mélodieuses, une musique qui ondule et qui surprend. Il sait prendre l’émotion en bride, en faisant attendre sa réalisation, par l’alternance des rythmes et des atmosphères. Confondante car elle prend le temps de s’écouter, sa musique peut être aussi sans borne : « let’s get wild ! » supplie-t-il au milieu du spectacle, « let’s dance ! ». La salle entière est debout en quelque seconde, et chante avec les trois musiciens ravis. Ca saute, ça applaudit, tout le monde s’amuse, surtout eux on dirait.
Ils ont joué aussi des pièces cultes et plus anciennes comme Elli, Alfonsina Y El Mar, Leolam… La complicité avec un public très mordu est émouvante.

Une soirée unique qui a pris la forme d’un dialogue à trois voix, ovationnée par le public.

Pour les amateurs qui s’y seraient pris trop tard, Avishaï Cohen est en tournée en France et passera encore par différentes villes : Marciac, Toulouse, Issy-les-Moulineaux, Monaco, Laval, Bordeaux ou encore Nice !

Pour lire notre interview d’Avishaï Cohen, c’est ici.

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Sixtine de The

One thought on “Avishaï Cohen fait vibrer l’Olympia”

Commentaire(s)

  • PierreJeanPierre

    Excellent ce concert !
    Par contre contrairement à ce qui est écrit, ce n’était pas Shai Maestro au piano et Itmar Douri à la batterie, mais plutôt Omri Mor et Amir Bresler (excellents tous les deux).

    octobre 21, 2011 at 18 h 17 min

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