Classique
Au Festival d’Ambronay, le public est séduit par la sonorité du Moyen Âge et par un panorama de chansons

Au Festival d’Ambronay, le public est séduit par la sonorité du Moyen Âge et par un panorama de chansons

07 octobre 2020 | PAR Victoria Okada

Second volet de notre compte-rendu du 41e Festival d’Ambronay qui a pu, malgré toutes les restrictions sanitaires, maintenir l’édition de cette année.

Un autre concert marquant fut celui de musique florentine (autour de 1350) par Sollazzo Ensemble (direction et vièle à archet : Anna Danilevskaia). Sollazzo Ensemble, spécialisé dans la musique du Moyen Âge et de la Renaissance, a bénéficié du soutien du programme EEEmerging de 2014 à 2016. Le programme reprend son dernier disque « Firenze 1350 » et met, en grande partie, en lumière Francesco Landini, le compositeur le plus prolifique de cette période (selon les musiques qui sont parvenues jusqu’à nous). Sur la scène, toujours disposée au centre de l’abbatiale, les quatre chanteurs évoluent, changent de positions, se mettent en solo, en duo, en trio ou en quatuor pour répondre au mieux au caractère de chaque pièce. Toutefois, ces changements, tantôt vers le chœur tantôt vers la nef, ou encore en face à face entre eux, modifient la résonance et, par conséquent, les paroles deviennent moins claires. La voix d’Anara Khassenova est souvent accompagnée d’un très léger vibrato, et celle, dense, de Carine Tinny – qui n’hésite pas à utiliser par moments le timbre de poitrine, robuste – créent une diversité fort plaisante, alors qu’à la fin de Creata fusti o vergine Maria de Landini, les deux voix se confondent délicieusement. Chez les deux ténors, Victor Sordo barytonnant et Jonatan Alvarado plus ténu apportent chacun leurs couleurs à ces musiques bâties sur des modes médiévaux, faisant naître des enchaînements étrangement agréables, tout cela sur les sonorités millénaires du psaltérion, de la vièle à archet et de l’organetto. Pour ces instruments sensibles, le temps pluvieux et humide était loin d’être idéal ; le temps de les accorder semblait plus long et plus fréquent que prévu et une des vièles a subi un dérèglement de cordes suffisamment conséquent pour qu’une d’entre elles ait fini par rompre… Le joyeux A poste messe de Lorenzo da Firenze, caractérisé par de nombreux effets « comiques » (des onomatopées créant des imitations de bruits et de cris d’animaux), conclut le concert. En plus de l’interprétation de haute volée, quelques petits commentaires au cours de la soirée auraient été les bienvenus afin de rendre le répertoire plus accessible.


Côté concert en famille, le Quatuor A’dam (abréviation d’Amsterdam, lieu de leurs études lorsqu’ils ont formé le groupe) offre un joyeux panorama de chansons a cappella à voix masculines, de la Renaissance à nos jours, en passant par Poulenc, comédie musicale et gospel. Des chorégraphies bien réglées, notamment pour chaque séquence avec diapason parfaitement synchronisée, donnent une touche visuelle amusante, de même que les couleurs de leurs pantalons coordonnées à celles de verres posées sur une table ronde de café sur le côté cour de la scène. La salle est pleine à craquer (avec une place entre les groupes de spectateurs) ; certains spectateurs battent la mesure avec la tête, bougent les épaules, applaudissent à tout rompre et se mettent debout pour exprimer leur joie. On y partage le plaisir de la musique, d’autant que leurs chansons racontent souvent des histoires avec des paroles drôles, ce qui participe de manière sûre et certaine à la désacralisation de la tradition vocale « classique » !

Photos © Bertrand PICHENE-CCR Ambronay

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Victoria Okada

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