Musique

Astropolis jour 2 : 120 battements par minute dans les bois

Astropolis jour 2 : 120 battements par minute dans les bois

06 juillet 2019 | PAR Rodolphe Pete

Jusqu’à dimanche, se tient à Brest la 25e édition du festival Astropolis, doyenne des raves françaises. Avant la grosse journée de samedi, notamment dans les bois de Keroual, ce grand rassemblement des musiques électroniques a commencé le week-end hier, en deux endroits emblématiques.

L’avis de chaleur sonnait comme un signe favorable depuis quelques jours. Car cette année, l’enjeu du plein air ne se limitait pas au samedi pour l’équipe d’Astropolis. 25e anniversaire oblige, le bois de Keroual accueillait vendredi un premier rendez-vous à partir de 19 h. Le temps de découvrir le site en plein air, reconfiguré pour accueillir par exemple de larges espaces de chill-out, dont un immense banc très impressionnant.

Un petit tour au bar, vers les autos tamponneuses ou aux stands de restauration, une ballade champêtre sous un soleil complice, avant le live d’Arnaud Rebotini et le Don Van Club pour revivre la bande originale du film « 120 battements par minute », événement des César 2018, avec notamment une récompense pour le colosse parisien. Toujours élégant, costume et gomina impeccable, le maître des claviers a dirigé d’une main souple et assurée une formation de claviers et instruments à vent pour une heure un quart d’électro et de house fleurant bon les années 90 avec générosité, où l’émotion était palpable, comme le besoin de danser.
Le choc et l’émotion à peine retombés, un nouveau voyage sonore reprenait au cœur les festivaliers, tandis que la nuit commençait à envelopper le site. Derrière ses machines, Max Cooper a ainsi déroulé une impeccable prestation d’une techno montant en puissance avec un show vidéo que la vaste scène mettait parfaitement en valeur. Est-ce parce que l’artiste a une formation scientifique ? En tout cas, l’expérience s’avère concluante, maîtrisée de bout en bout et d’une riche profondeur dans les textures. Les atomes, diraient les habitués des labos.
Pour conclure non pas en douceur mais en énergie débordante, le duo bordelais Kap Bambino était tout désigné. Déjà venus en terre brestoise où leurs performances scéniques ont fait mouche, Khima France au chant et au déhanché sur ressorts en mode pile électrique et Groupgris aux machines ont préparé avec minutie leur cocktail électro-rock qui fait tout déborder. Mission réussie. Pas d’économie, tout lâcher et se lâcher. Devant un public qui n’attendait que ça.
Après la fraîcheur champêtre, le sauna de la Suite, sur le port de commerce, attendait les forcats de la fièvre du vendredi soir, qui pouvaient quand même profiter de la douceur de l’esplanade, vite remplie en raison de la chaleur de la salle principale, où Jensen Interceptor avait lancé sans modération la cavalcade techno.

Dans l’autre aire, à l’air plus respirable et au tempo moins énervé, la légende de l’electro, le Hollandais I-F, faisait danser une poignée de curieux ou de passionnés, trop heureux d’entendre par exemple le classique absolu de Kraftwerk, « Trans Europe Express ». Il y a pire comme souvenir…

Texte et photos : Rodolphe Peté

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Rodolphe Pete

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