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An Pierlé, nouvel album : « Strange Days », jours fastes !

An Pierlé, nouvel album : « Strange Days », jours fastes !

16 février 2013 | PAR Arnaud Berreby

Le nouvel album d’An Pierlé, chanteuse belge de 38 ans, intitulé « Strange Days »(PIAS), sort ce lundi 21 février.

Le public français la connaît par sa reprise très réussie du « Il est cinq heures, Paris s’éveille » de Jacques Dutronc…

Elle y interprète onze chansons avec principalement son piano comme accompagnement.

Ce qui frappe, dès la première écoute, c’est la qualité de sa voix robuste et ardente à l’heure d’une Cold Wave où certaines susurrent et ânnonent :

C’est un Big Bang revisité, un « Tsim-Tsoum » revitalisé, cette primordiale contraction de création, un alléluia christique ressuscité !

Non ce n’est pas vrai, je n’y crois pas ! Avec une voix pareille elle n’a pas pu vendre son âme au diable car nous sommes convaincus qu’elle ne pratique pas ce commerce licencieux, très loin d’un Shylock du Marchand De Venise.

Non, il nous semble plutôt évident qu’elle lui en a fait tout simplement le don un quelconque matin automnal- en cette saison triste entre deux, si mal aimée- à la fraîche, sans témoin, à l’orée d’une clairière anonyme, à l’entrée d’une forêt nordique, pour rien, blaiche, cadeau, et sûr que, si elle était une prostituée, elle gravirait, aérienne, sans culpabilité aucune, l’escalier du bordel sans se faire payer, pour rien, « blaiche » encore, juste pour le plaisir de vous voir saliver, vous pincer devant tant d’arrogance, fière de son effet, le menton relevé,  ses yeux plantés dans les vôtres et sûr que c’est vous qui les baisserez, tout penaud devant votre honte assumée : Shame On You…

 

Pourtant le coté « Je chante mes chansons en mode piano-voix » pourrait sembler par trop déjà- vu, exercice tellement usité, ridiculement grandiloquent, voire légèrement prétentieux.

Pourrait, avons- nous écrit, car quand la voix en question vous déchire l’épiderme à ce point,  vidant la boite d’Urgo sur votre table de salon bancale, vous laissant pour mort, sanguinolent et gémissant sur le plancher, pathétique acteur de série B qui aurait raté sa cascade, vous envoyant aux urgences de nuit pour coups et blessures sur peau de chagrin, transperçant de ces envolées votre cuirasse d’auditeur désabusé de trop de sons indécents, de pseudo- artistes dont l’univers commence et s’achève en un point de leur anatomie appelé nombril.

 

Elle a l’assurance crasse de la Liza Minelli dans sa période Cabaret, la fougue d’une Streisand en moins narcissique, elle aurait même pu fréquenter Kurt Weil et Bertolt Brecht et interpréter leurs créations (« You Just Wait »).

 

Le choix du single s’est porté sur la reprise de « Such A Shame » des Talk-Talk ou comment métamorphoser une chanson à la production préhistorique année 80- Oh Seigneur, roi des dancefloor, comment avons nous pu danser sur ça, étions nous vraiment sobres ? Insupportable à l’écoute trente ans après avec ses synthés bégayants, cette rythmique de cardiaque défibrillé en fin de vie, ces voix de folles aux falsettos irritants, en une rare perle de culture :

Elle l’a décortiqué, dépouillé, décharné, asséché, étripé, désossé, vidé enfin pour en extraire sa suave, première et laiteuse mélodie : oui ! c’est bien cela, elle a déshabillé Quasimodo, donné un inédit bain annuel, frotté la bête, nettoyé puis astiqué maintenant toute propre kazé toujours pimpant (cherchez pas, c’est du créole), habillé élégamment mais sobrement et, soudain, c’est le prince charmant sur son beau cheval qui déboule lestement, vous chatouille le tympan et vous dorlote jusqu’à ce que vous trouviez un juste repos,  suprême anxiolytique de substitution qui viderait les armoires à pharmacie de nos compatriotes- nous qui en sommes l es plus grands consommateurs au monde !

 

Retrouvez la, elle et son piano, au Café de la Danse à Paris le 2 avril pour un voyage mémorable !

 

 

 

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