Musique

Alina Baraz, douceur et subtilité

Alina Baraz, douceur et subtilité

30 octobre 2018 | PAR Donia Ismail

Dans le dernier épisode de Chaos X TouteLaCulture, on part aux États-Unis. Nous avons tiré le portrait sonore d’une chanteuse qui remet en question tout nos a priori sur les voix soyeuses, douces et paisibles. Réelle révélation onirique. Voici Alina Baraz.

Au jeu de la meilleure voix, la plus belle à l’oreille, on cherche la plus imposante. Celle qui vous retournerait tout une baraque par la puissance d’une octave atteinte. Une Whitney Houston et son chant ensorcelant qui pulvérise les cieux avec son fameux I Will Always Love You, ou encore un Jacob Banks lorsqu’il se déchaine sur Chainsmoking quitte à se déchirer les cordes vocales.
Mais dans cet antre des voix, se cachent d’autres plus douces, qui vous bercent dans les bras de Morphée, à vous faire oublier par leur souplesse vocale, des voix stock, parfois criardes.

L’artiste que nous vous présentons aujourd’hui est l’une d’entre elles. Alina Baraz, c’est son nom. À 25 ans, elle séduit la presse spécialisée avec ses sonorités paisibles.

Comme à chaque fois, nous nous me perdons sur Itunes à la recherche de nouveaux sons. Même rengaine. Tous sont répétitifs, ennuyeux et ennuyant. Même refrain, même sonorité. Quel désastre! Quand soudain nous tombons sur ça.

On est pas bien là? Imaginez vous, à l’ombre du soleil, allongée sur le sable, à divaguer, un livre dans les mains. En fond sonore, cet hymne à la tranquillité. Ça donne envie de partir loin, mais alors très loin, non?

Ô douce voix, quels sont tes secrets?

Elle naît à Cleveland de parents russes. Elle commence à chanter dans des églises où l’acoustique pousse de plus belle sa voix suave.
Très tôt, elle se met à idolâtrer avec entrain Whitney Houston et Alicia Keys. Tiens, des chanteuses à voix puissantes. Encore. Elle se met à rêver à la célébrité. Être chanteuse, c’est ce qu’elle voulait être à tout prix. Mais sa voix, elle, ne suivait pas la cadence de ses entrainements. La sienne étant plus douce, subtile, soyeuse, elle se disait que c’était impossible de se faire un nom. Puis un jour, elle tombe sur cette chanson de Corinne Bailey Rae.

Une révélation pour la chanteuse en herbe. Elle pourrait donc avoir un avenir dans la chanson, car il existe un filon pour ces voix-ci, vibrant au fond de votre âme, prête à vous enlacer.
À 19 ans, Alina Baraz déménage à Los Angeles, firme nationale de la célébrité. Elle rencontre un producteur danois, Galimatias. Elle s’isole, se met dans une bulle, et commence à composer encore et encore. Elle nie le monde extérieur. Et de cette hibernation solitaire et créative, en sort en 2015, l’EP Urban Flora.

Ce qui frappe c’est la dynamique de la chanson ou plutôt sa non-dynamique. À l’heure des beats ravageurs, de la course à la rapidité, des basses qui font boum, des guitares qui rendent fou. Alina Baraz prend le temps. Et quel luxe de le prendre!
Le monde du streaming lui ouvre les bras. Les playlist Spotify la choisissent, Soundcloud la bénit, Deezer la fait valser. Pas sûr que les patrons de radios aiment vraiment ça. D’ailleurs, c’est pour ça qu’elle n’y passe pas. Si les plateformes de stream tombent amoureuses de son son, les radios, qui redoutent les tempos lents comme on redouterait la peste ou le choléra, disent non. Quitte à passer outre une révélation.

Une carrière est pleine expansion

Plus besoin de la radio pour se faire un nom, ça c’était avant. Aujourd’hui, c’est sur les réseaux que tout se passe!. 1,2 milliards, c’est le nombre de streams qu’elle accumule. Plus que la plupart des artistes d’aujourd’hui qui sont dans de grands labels. Une carrière est pleine expansion, mais ce qui la dévoile au grand public, c’est cette chanson, ou plutôt ce duo, Electric.

Une douce ballade, teintée de nostalgie. Elle partage l’affiche alors avec le nouveau chouchou de l’Amérique à la voix chaude et suave: Khalid, le prodige d’El Paso. À deux, ils nous ouvrent les portes d’un monde onirique. Et comme à chaque fois, Alina Baraz nous prend par la main et nous fait voyager. Un seul mot, apaisant.

Un rythme de vie infernal

Les tournées l’épuisent, elle sent qu’on lui vole ses émotions, qu’on lui force à faire du commercial, quelque chose qui ne la représente plus. Elle a peur de se lancer à nouveaux dans l’écriture. La première fois c’est toujours plus facile, dit-elle. Elle prend alors du recul, deux ans de pause. Et puis un jour, l’EP Color of You débarque sur les réseaux.

Alina Baraz, est-ce vraiment toi? Il semblerait que oui. Avec ce nouvel EP, elle opte pour un changement disons radical de tonalité. Plus tonique, plus dansant, plus urbain. De ses notes tranquilles, elle finit part totalement en sortir. Balancer un peu plus de hop, dans un univers de hip. Avec l’idée de créer un hit? De toucher du bout du doigt la célébrité?  Ce qui reste sûr, c’est que sa voix relaxante, elle n’a pas changé d’un iota. Toujours aussi douce, aérienne, flottante.

visuel: ©Twitter/AlinaBaraz
pochette de l’album.

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Donia Ismail

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