Musique
Aldo Ciccolini, Louis Langrée et L’Orchestre de Chambre de Paris se promènent dans les jardins musicaux de Beethoven

Aldo Ciccolini, Louis Langrée et L’Orchestre de Chambre de Paris se promènent dans les jardins musicaux de Beethoven

14 février 2013 | PAR Bérénice Clerc

L’orchestre de chambre de Paris sous la baguette de Louis Langrée et « le monument » du piano Aldo Ciccolini avaient rendez-vous le 13 février avec Beethoven au théâtre des Champs Elysées. Un concert complet aux sonorités réjouissantes applaudi avec puissance par un public conquis.

Le Théâtre des Champs Elysées était comble à tous les étages, manteaux de fourrures, animaux divers pour passer l’hiver, hommes élégants et mélomanes s’étaient donnés rendez-vous pour applaudir Beethoven sous les doigts de Louis Langrée et du célèbre Aldo Ciccolini.

L’Orchestre de Chambre de Paris s’installe, Louis Langrée arrive tout sourire, Coriolan, opus 62 peut commencer. La plus célèbre des ouvertures de Beethoven est finement dirigée par le chef très engagé dans son corps, sans partition en résonnance avec l’orchestre aux sonorités puissantes, expressives, dramatiques. La musique respire, avance, se colore de multiples reflets pour saisir les spectateurs, les surprendre et ne jamais les perdre.

La salle applaudit déjà avec chaleur.

Aldo Ciccolini entre en scène, 87 ans, une canne, la démarche fragilisée par l’âge du corps, le sourire franc il accroche sa canne au piano, la musique peut naître.

Le Ut mineur est à l’honneur ce soir, le Concerto n°3 résonne, une structure classique, trois mouvements dont le premier en forme de sonate. Les bras de Louis Langrée parlent, les musiciens répondent, virevoltent, pétillent et livrent toute l’intensité dramatique.

Aldo Ciccolini est à l’écoute, puis ses doigts glissent sur le piano, il se meut en beau jeune homme pour une ballade le long des cordes frappées d’un piano dont l’âme apparaît sans sur-interprétation ou pathos, juste les notes, leur élixir à verser goutte à goutte comme s’il sortait par magie d’un corps aux apparences d’une vieillesse trompeuse.

Louis Langrée, l’Orchestre de Chambre de Paris et Aldo Ciccolini sont en parfaite symbiose, chaleur, générosité, accents, couleurs, engagement physique livrent l’équilibre formel et le discours  musical repose sur l’association de la virtuosité du soliste et la densité de l’orchestre. La musique tourne, s’éloigne, repart, se meut dans l’espace, Aldo Ciccolini brille dans les mouvements rapides, l’orchestre sait être sourd, mystérieux et livrer toute sa puissance sonore.

Les spectateurs applaudirent de longues minutes, sous les bravos Aldo Ciccolini salue avec sobriété et une joie perceptible. Un beau moment de musique, une jolie rencontre entre un monument du piano toujours heureux de le partager et un public quasi fanatique.

Un entracte plus tard, les violoncelles sont à l’honneur, la salle après avoir exultée semble moins concentrée mais les Equales pour violoncelles jouées lors des obsèques du compositeur, sont une ponctuation agréable et finement menée par l’un des pupitre de l’Orchestre de Chambre de Paris.

L’orchestre entier revient, Louis Langrée ne se laisse pas bercer par les applaudissements, démarre sans attendre la symphonie n°8 en Fa majeur. “La petite symphonie”, très dramatique, légère, subtile, fantaisiste et pétillante coule sous les doigts des musiciens et le corps du chef d’orchestre avec précision. Chaque instrument résonne, clair, puissant parfois en retenue, la direction vive et énergique entraine les musiciens dans un tempo rapide et maitrisé.

Pianissimo ou fortissimo, l’Orchestre de Chambre de Paris réussit une nouvelle fois à offrir un très beau son et Louis Langrée a su faire naître ce désir en eux grâce à une direction très expressive, l’égo à sa juste place, derrière la musique.

Une très belle soirée musicale comme les spectateurs aimeraient en avoir souvent, la rencontre idéale entre plusieurs univers, la virtuosité, la fraicheur, la jeunesse, l’expérience, la maturité et le partage.

L’Orchestre de Chambre de Paris est à suivre aussi pour son envie de liberté et d’imaginer l’orchestre autrement, il sera les 5 et 6 mars à 20h Cathédrale Notre Dame de Paris pour « La Création » de Haydn.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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