Musique
A la Maroquinerie, pour un petit tour dans le cerveau psychédélique de BRNS

A la Maroquinerie, pour un petit tour dans le cerveau psychédélique de BRNS

18 mars 2022 | PAR Clara Bismuth

[LIVE REPORT] Ce mercredi 16 Mars, le trio BRNS – prononcez Brains- faisait trembler les planches de la Maroquinerie avec leur quatrième album « Celluloïd Swamps ». Dans une atmosphère chaude et nébuleuse, beaucoup ont retrouvé la joie des concerts, alors presque utopiques depuis ces deux années de plateau tv et de réunions zoom ; et ça se sent !

Après une bonne surprise en première partie avec le groupe Entropie, c’est au tour des Bruxellois Antoine Meersseman, Timothée Philippe et Diego Leyder de monter sur scène. Accompagné du timbre éthéré de Nele De Gussem, et de leurs pintes fraîchement tirées, l’événement tant attendu arrive enfin. On détecte alors une certaine timidité, aussi bien dans la parole que dans les regards, face à une foule énergique et poussant des cris d’excitation. Avec leurs combinaisons colorées, on se demanderait presque s’il ne s’agit pas d’une équipe d’ingénieurs éblouis par les projecteurs.

   

Mais aux premiers grincements hypnotisant des cymbales de Tim Philippe, tout change. Une voix angélique retentit, et la maîtrise du groupe nous plonge dans une sorte de transe, une introspection difficile proposée avec leur titre culte en ouverture : « Void » :

« Can you say that you know, what you mean when you draw, Can you say that you show, A meaning of your own,

Can you tell what you saw, In the world just below, The things you try to grow, The void feeds your soul  » 

Car oui BRNS ne sort pas de nulle part. Que ce soit la scène ou le studio, ces artisans du rock, curieux des sonorités synthétiques et originales, oeuvre depuis plus de dix ans à l’expression de leur univers unique. Révélé par le titre « Mexico » en 2012, le trio s’est peu à peu affranchi d’un registre sombre dominant sur Wounded, au profit d’un terrain plus lumineux.

L’histoire de « Celluloïd Swamps » commence donc sur une bonne note, celle du voyage. Un road trip de sept jours aux Etats-Unis, pour rejoindre les traces du Studio G, à Brooklyn, NYC. Une aventure expresse, au processus de création épuré, mais entre les très bonnes mains de l’ingé-son Alexis Berthelot (Moses Sumney, Sunwatchers, Marc Ribot, Frank Ocean). Une rencontre entre professionnels ou la technique rejoint la créativité, notamment sur des sonorités électro, pareil à des ondes psychédéliques, qui représente comme sur la pochette, un mode aux couleurs pop et acidulées.

Désormais BRNS n’a plus de compte à rendre, plus d’exigence à satisfaire et se permet de présenter un album conceptuel, intime et parfois burlesque dans les prises de décision. Energique à souhait sur « Suffer », technique et oscillant entre différents paysages sonores  avec « Lighthouse », et tonitruant sur le très creepy « Get Something », BRNS offrait une performance à mi-chemin entre euphorie et voyage intérieur. 

Visuel : ©AliceKhol

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Clara Bismuth
Rédactrice pour le magazine Toute La Culture depuis mars 2018, principalement dans les rubriques Musique et Cinéma.

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