Cinema
« Transitions », un hommage à l’animation suisse au Festival d’Annecy

« Transitions », un hommage à l’animation suisse au Festival d’Annecy

14 juin 2022 | PAR Lucine Bastard-Rosset

Afin de rendre hommage à l’animation suisse pour son 100e anniversaire, il est possible de retrouver tout au long du 46e Festival International du Film d’Animation d’Annecy un ensemble de films issus de ce pays. A l’occasion de cet événement, le programme Transitions du Groupement Suisse du Film d’Animation (GSFA) fut présenté ce lundi 13 juin au Cinéma Pathé.

Depuis 1921, l’animation suisse a été marquée par un ensemble d’artistes issus de différents mouvements. Les œuvres créées présentes des caractéristiques diverses et des styles artistiques variés. Transitions est constitué d’un total de 11 courts métrages d’animation réalisés par de jeunes réalisateur.rice.s ou encore des artistes internationalement reconnu.e.s.

Un extrait de Monsieur Vieux-Bois

Réalisé par Robert Lortac, ce film muet s’appuie sur l’œuvre du dessinateur suisse du XIXe : Toepffer. On y suit la quête amoureuse de M. « Vieux-Bois ». Entre sarcasme, dérision et caricature, ce film présente une suite de planches animées en noir et blanc auxquelles se joignent des cartons annonçant les évènements. Le comique de répétition y côtoie le désespoir créant des situations totalement absurdes.

Heimatland

Tout coule de source pour Housi – un suisse vivant une vie paisible dans son appartement – jusqu’au moment où son quotidien, orchestré par un réveil radio, est chamboulé par l’arrivée d’un nouveau voisin.

Ce court métrage en stop motion réalisé par Fabio Friedl, Marius Portman, Andrea Schneider et Loretta Arnold métaphorise la peur de l’inconnu, cette angoisse totalement irrationnelle de l’autre provenant des stéréotypes engendrés par la société. C’est avec humour que cette satire sociale traite d’un sujet éminemment polémique. 

Plug & Play

Dans ce court métrage, Michael Frei donne vie à de petits êtres dont la tête est remplacée par une prise électrique. Sur un fond noir ou blanc ils se déplacent et se rencontrent dans des mouvements répétés. Au fil du film, les allusions sexuelles ainsi que les mots « yes » et « no » se multiplient. Le thème du consentement sexuel est-il abordé ? 

Gypaetus Helveticus

Le gypaète de Suisse est un oiseau ayant connu l’inexplicable persécution des humains. Dans ce film, Marcel Barelli revient sur sa terrible histoire tout en accumulant les références historiques et artistiques. On retrouve le cinéma expérimental avec la détérioration de la pellicule, des classiques de l’histoire de l’art – le tableau Tres de Mayo de Goya. Barelli ne cesse de faire des parallèles entre cet oiseau et la Shoah, multipliant les allusions à l’éradication que ce peuple a subie.

Circuit

Le monde fonctionne suivant un circuit ficelé dans lequel chacun joue un rôle. L’écosystème de Circuit de Delia Hess marche de la même manière mais ces rôles ne suivent aucune logique réelle. Les personnages réalisent des actes en boucle sur un cycle qui recommence éternellement.

I can see the dust

Réalisé à partir d’un ordinateur 2D, ce court métrage de Lotti Bauer met en scène des formes géométriques renvoyant à des objets nettoyant (aspirateur, balai, chiffon). 

Die Seilbahn

Claudius Gentinetta et Frank Braun présentent un court métrage au dessin émouvant. On y suit un homme traversant les montagnes assis dans un téléphérique étriqué. Malgré le danger qu’il frôle à chaque instant, il reste impassible et garde son calme répétant inlassablement deux mots : « Et voilà ». Un récit qui donne envie de toujours prendre chaque événement, même les plus pénibles, de façon sereine.

Ruben leaves

A l’aide d’un dessin duochrome mêlant un jaune pâle et un bleu, Frederic Siegel nous entraine dans l’esprit de Ruben, ce jeune homme hanté par des pensées obsessionnelles compulsives. Il songe à la porte qu’il n’a pas fermé, au gaz qu’il n’a pas éteint et plus il panique, plus ses pensées tirent vers le non-sens.

Inclinations

Au début du XXe siècle, les réalisateurs ont développé de nouvelles techniques afin d’agir directement sur la pellicule. Eva et Guido Haas partent de la même logique en réalisant Inclinations à partir d’une « méthode spécialement développée de formation contrôlée de microstructures dans l’émulsion de film ». Ils obtiennent ainsi un film abstrait basé sur la musique « The Dave Brubeck Quartet ».

Coyote

Lorenz Wunderle nous entraîne dans un monde glauque aux couleurs fluorescentes dont l’esthétique renvoie à celle de Rick et Morty. On y suit le destin tragique d’un renard ayant perdu l’ensemble de sa famille. Totalement désespéré, il sombre dans l’alcool, naviguant dans un pub à l’ambiance punk et noir.

White + Black = Red

Ce programme se termine sur un court métrage pacisfiste de Simone Giampaolo mélangeant dessin et images réelles.

 

Le Festival d’Annecy nous propose ici un magnifique programme des courts métrages tous originaux.

Visuel : ©Coyote Lorenz Wunderle

35 Minutes de et avec Olivier Maillet, à l’Essaion avant le OFF.
« L’île d’or », la dernière création du Théâtre du Soleil
Lucine Bastard-Rosset

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture