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Nana Mouskouri, « Amazing Greece » à la Salle Pleyel

Nana Mouskouri, « Amazing Greece » à la Salle Pleyel

09 mars 2018 | PAR La Rédaction

Son ami Liberace lui aurait dit que le trac ne durait que les quatre-vingt premières années. Passé cet âge, Nana Mouskouri a toujours les papillons au ventre sur scène et toujours envie de chanter. Deux heures trente d’un concert captivant.

[rating=5]

Lunettes et cheveux lisses noirs, bien sûr, mais aussi robe de vestale dessinée par Jean Paul Gaultier, accent grec et complicité avec ses quatre excellents musiciens, Nana Mouskouri ne connaît pas les baisses d’énergie. Ni son public d’ailleurs, venu en nombre l’écouter dans une salle Pleyel qui s’est levée plus d’une fois pour la saluer et danser. Une vidéo introductive rappelle les grandes dates : premier concert en Grèce en 1958, arrivée à Paris dans les années 1960, l’Eurovision et « A force de prier », New York avec Harry Belafonte, Bob Dylan ou Leonard Cohen, « Je chante avec toi liberté » magnifique adaptation du « Va Pensiero » de Verdi, chanté à 1982 à Berlin avec et aussi la carrière politique comme eurodéputée grecque dans les années 1990.

Puis la star, très modeste, pleine de rires, de vie et d’envie, monte sur scène, présente immédiatement ses musiciens. Elle nous ferait presque oublier les chiffres impressionnants de sa colossale carrière (17 500 000 disques vendus, 1550 chansons enregistrées, 9 langues) tant elle nous confie son trac et sa vision de l’âge et de la vie. C’est la musique qui est jeune, pas elle, dit-elle.

Entre les chansons, choisies sur l’album Forever Young (Universal) que son public connaît par cœur, elle se livre avec tant de confiance que cela confine à la fraîcheur : « Je chante des chansons de mon époque », s’excuse-t-elle presque. Sauf qu’on connaît tous ses tubes (« L’Amour en héritage », « Plaisirs d’un jour », « Le Tournesol », « L’Enfant au tambour », « Quand tu chantes »). Et celle qu’on ne connaît pas comme l’inaugural titre du poète grec Nikos Gatsos, on aimerait aussi les apprendre par cœur.

Et puis surtout, c’est soixante ans d’histoire de la chanson internationale que Nana Mouskouri nous donne à entendre, d’Elvis Presley (sublime version de « In the Ghetto », sur le nouvel album) à Amy Winehouse (« Love Is A Losing Game » magique, aussi sur l’album) qu’elle nous fait revisiter, tous âges confondus. Sans oublier de nous faire nous époumoner sur « Hey Jude », « Forever young », « Le ciel est noir » d’après Bob Dylan en français ou la « Paloma » de Chavelas Vargas qu’elle hulule génialement, elle nous invite aussi à une projection privée en s’asseyant quinze minutes comme une femme fatale au bord du piano pour interpréter « Over The Rainbow », « Lili Marleen » ou « Smoke gets in your eyes » ».


Et puis elle nous fait danser du rebetiko et des tubes en final. Après moult bis, elle semble quitter les lieux à regrets, nous laissant un véritable soleil au cœur et sourire aux lèvres. Les fans et amis – parmi lesquels Serge Lama, Jean Paul Gaultier et Nathalie Baye – l’attendent à la sortie. Le Forever Young Tour compte près de 30 dates dans le monde, dont le 12 mars à Lucerne, le 14 à Toulouse, le 16 à Bordeaux, le 24 mars à Lille et le 25 à Enghien-Les-Bains.


visuels : affiche officielle et photo du concert (c) YH

 

Yaël Hirsch

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Une réflexion sur « Nana Mouskouri, « Amazing Greece » à la Salle Pleyel »

Commentaire(s)

  • Niky Papachristidis

    merci de nous ramener la merveilleuse Nana Mouskouri…Niky Papachristidis

    mars 15, 2018 at 14 h 00 min

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