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Mitterrand Pharaon

09 mai 2011 | PAR La Rédaction

En  quatorze années de présidence, François Mitterrand a fait de Paris son terrain de jeux, transformant durablement et magnifiquement la capitale tout en refusant d’y imposer son nom, à une exception prés, symbole s’il en est, la Bibliothèque Nationale de France devenue quatre livres ouverts. L’institut François Mitterrand rappelle :  » Les « Grands Projets » n’avaient pas fait l’annonce d’un programme particulier. C’est peu à peu que nous avons vu apparaître l’intérêt, c’est peu dire, la passion de François Mitterrand pour la Villette, Orsay, la « Tête Défense », l’Institut du Monde Arabe… et surtout le Louvre. »

Retrouver l’axe historique

Le Louvre, une pyramide de verre au centre de la cour Napoléon

Elle s’élève à plus de 20 mètres du sol, lumineuse et transparente, la pyramide de verre et de métal devenue le hall d’accueil du musée du Louvre a été conçue par Leoh Ming Pei. Sa volonté de voir partir du lieu historique le Ministère des finances et le projet de modernisation de l’espace et d’agrandissement de l’aile Richelieu du musée sont lancés dès 1981. La pyramide est inaugurée à la fin du mois de mars 1989 et ouverte en avril au public. Le monument, somptueux et audacieux, s’est parfaitement inscrit dans la paysage et ravit parisiens et touristes mais sa construction a été largement controversée à l’époque (devenant un conflit politique entre la droite et la gauche) car son architecture était jugée trop moderne pour le cadre classique du Louvre, écrin de la Joconde et de la Vénus de Milo. Elle fut même taxée par les conspirationnistes d’« œuvre du diable » à cause d’une légende farfelue qui indique que le bâtiment aurait été réalisé avec exactement 666 plaques de verre.

 

La grande Arche

Répondant au Grand Louvre, François Mitterrand décida de construire un  monument pouvant clore l’« axe historique » de Paris. « Je ne verrai plus que cela pendant le défilé du Quatorze Juillet », chuchota-t-il après qu’il eut opté pour la Grande Arche. Robert Lion général des Finances, ancien président de la société d’économie mixte de la « Tête-Défense » raconte : «   En vérité, et j’avais ainsi orienté les conclusions du jury, aucun projet n’était de profil bas ; tous se verraient de la Concorde ; (…) cette visibilité depuis Paris, sous la voûte de l’Arc de triomphe, le stimulait et le tracassait ; à la mi-août 1983, il demanda une simulation : une grue éleva dans le ciel la maquette d’un morceau du toit de l’Arche ; nous sortîmes par la grille du Coq pour regarder du milieu des Champs-Élysée : on ne voyait rien. J’eus droit à une grimace silencieuse. » Je ne le vis sûr de son affaire, et animé d’un enthousiasme, qu’une fois les constructions mises en route. La grue du Louvre venait-elle lécher les fenêtres du ministre d’État Balladur, lequel se plaignait de crissements : « que ça crisse ! » répondait-il à Émile Biasini. Quand l’Arche commença à sortir de terre – et nous en fûmes vite à un rythme de deux étages par semaine -, il venait souvent, soit parcourir le chantier, casqué, heureux ; soit, sans préavis, regarder la construction qui montait. Il se prenait de passion pour les matériaux : le jour où l’architecte Spreckelsen lui apporta un morceau du marbre qu’il avait été choisir à Carrare pour habiller la Grande Arche, François Mitterrand m’apparut dévoré par l’envie de toucher ; il eut un éclair de bonheur quand, sur le départ, Spreckelsen lui offrit un échantillon.

 

Place aux concerts

La musique tient une belle place dans les grands travaux. La cité de la musique et l’Opera Bastille sont deux réalisations aux impacts et aux réactions différentes. Interrogé par Bernard Pivot dans Bouillon Culture le 14 avril 1995, il raconte  »  La Cité de la musique, naturellement, que j’ai inaugurée il y a quelques jours. Ce n’est pas sorti de ma mémoire. Et qui est, à mon avis, une réussite architecturale de très bonne qualité, de Portzamparc, qui s’est vu attribuer un certain nombre de travaux et, en particulier pour celui-là, ce que l’on pourrait appeler le prix Nobel de l’architecture. Les jardins ne sont pas à négliger, non plus. C’est un architecte suisse, Tschumi, qui a été choisi par le jury. Moi, personnellement, quand je m’y promène, je trouve que ce n’est pas mal. ».  Cette entreprise intervient dans un ensemble de rénovation des anciens abattoirs de la Villette.  Le 24 septembre 1981, lors d’une conférence de presse, le président Mitterrand annonce la construction d’une Cité internationale de la musique qui ne sera réalisé qu’a la toute fin de son mandat.  Dès lors, les projets se multiplient : 1982, lancement par François Barré du concours d’aménagement du parc remporté par Bernard Tschumi ; 1984, ouverture du Zénith ; 1985, ouverture de la Grande Halle, rénovée par Reichen et Robert, et de la Géode ; 1986, ouverture de la Cité des sciences et de l’industrie ; 1987, ouverture des jardins du parc et de la Maison de la Villette ; 1988, ouverture du Conservatoire national supérieur de musique et de danse ; 1995, ouverture de la Cité de la musique ; 1997, ouverture du musée de la Musique.

 

Opéra Bastille : le nouveau vaisseau lyrique de Paris a un peu plus de vingt ans.

En 1982, le président François Mitterrand juge la capacité d’accueil du Palais Garnier insuffisante et décide la construction d’un nouvel opéra, « moderne et populaire », dans Paris. Un an plus tard, à la suite d’un concours international auquel s’inscrivent 1700 architectes, la création de l’architecte canadien-uruguayen Carlos Ott est retenue sur les 756 projets reçus. Les travaux débutent en 1984 avec la démolition de la gare Paris-Bastille, puis, le nouvel établissement est inauguré le 13 juillet 1989. Avec ses 2 700 places, une technique à la pointe, des espaces et une machinerie modernes, la salle est forcément plus adéquats à l’alternance des spectacles et aux créations scénographiques contemporaines. Seule l’idée de l’élaboration d’une salle modulable n’a malheureusement pas vu le jour. La Bastille représente aujourd’hui 80% de la production lyrique proposée au public de l’Opéra national de Paris puisque le Palais Garnier accueille majoritairement des spectacles de danse. 

 

 

Place aux Musées

L’institut du Monde Arabe rassemble  les cultures

l’Institut du monde arabe, inauguré en 1988 est un lieu de culture fruit d’un partenariat entre la France et vingt-deux pays arabes : Algérie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Djibouti, Égypte, Émirats Arabes Unis, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Mauritanie, Oman, Palestine, Qatar, Somalie, Soudan, Syrie, Tunisie et Yémen. Fondation de droit français, l’IMA a été conçu pour faire connaître et rayonner la culture arabe. Il est devenu aujourd’hui un véritable « pont culturel » entre la France et le monde arabe. Le bâtiment, conçu par l’architecte Jean Nouvel, symbolise cette volonté de synthèse entre les cultures

Le Musée d’Orsay entre Gare et Musée

La gare fut alors utilisée successivement comme centre d’expédition de colis aux prisonniers pendant la guerre, puis comme centre d’accueil des prisonniers à la Libération. Elle servit de décor à plusieurs films (dont le Procès de Kafka adapté par Orson Welles), de havre momentané pour la compagnie de théâtre Renaud Barrault puis pour les commissaires-priseurs, pendant la reconstruction de l’Hôtel Drouot.

L’hôtel ferma ses portes le ler janvier 1973, non sans avoir joué un rôle historique puisque c’est dans la salle des Fêtes que le général de Gaulle tint la conférence de presse qui annonçait son retour au pouvoir.

En 1973, la Direction des musées de France envisageait déjà l’implantation dans la gare d’Orsay d’un musée où tous les arts de la seconde moitié du XIXe siècle seraient représentés. Menacée de démolition et de remplacement par un grand hôtel moderne, la gare bénéficia du renouveau d’intérêt pour le XIXe siècle et fut inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, le 8 mars 1973. La décision officielle de construction du musée d’Orsay fut prise en conseil interministériel le 20 octobre 1977, à l’initiative du Président Valéry Giscard d’Estaing. En 1978, le bâtiment fut classé monument historique et l’établissement public du musée d’Orsay fut créé pour diriger la construction et la mise en œuvre du musée. Le 1er décembre 1986, le Président de la République, François Mitterrand, inaugura le nouveau musée qui ouvrait ses portes au public le 9 décembre

En conclusion, relisons Robert Lion disant:  » Il n’y avait pas de style Mitterrand. On ne trouve guère de traits communs aux grands projets. Le Président sut accepter des architectures contemporaines et audacieuses, celles de Jean Nouvel, de Tschumi, de I. M. Pei en particulier. Sauf pour la pyramide, il n’eut jamais de coup de foudre. » En tout, ce sont neuf grands projets qui transforme Paris:  le transfert du ministère des Finances, le Grand Louvre, Tête- Défense, l’Institut du monde arabe, le nouvel Opéra, le musée d’Orsay, la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette, le parc de la Villette, la Cité de la musique

 

Christophe Candoni et Amelie Blaustein Niddam

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One thought on “Mitterrand Pharaon”

Commentaire(s)

  • CHERS AMIS
    FRANCOIS MITTERRAND OEUVRAIT SECRETEMENT POUR LE MESSIE ATTENDU UNIVERSELLEMENT
    cette these est confirme dans le sublime livre de NICOLAS BONNAL publie par ALBIN MICHEL
    -MITTERRAND LE GRAND INITIE

    tout est pret pour le grand jour:.

    juillet 19, 2011 at 23 h 27 min

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